Procès Pastor: «Un problème d’interprétation» à l'origine de l'assassinat, selon Wojciech Janowski

DOUBLE MEURTRE Wojciech Janowski, considéré comme le commanditaire du double meurtre d’Hélène Pastor et de son chauffeur était auditionné ce jeudi par la cour d’assises…

Adrien Max

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Wojciech Janowski lors de son procès pour la mort d'Hélène Pastor
Wojciech Janowski lors de son procès pour la mort d'Hélène Pastor — Benoit PEYRUCQ / AFP
  • Wojciech Janowski, accusé d’être le commanditaire du double meurtre d’Hélène Pastor et de son chauffeur, était auditionné par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône.
  • Il reconnaît avoir demandé à Pascal Dauriac, son coach sportif, avoir demandé de régler les problèmes avec Helène Pastor, mais en aucun cas de l’assassiner.
  • Il explique avoir reconnu d’être le commanditaire en garde-à-vue pour protéger sa femme et sa fille.

Une question de mots et d’interprétation. Wojciech Janowski était entendu ce jeudi par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône dans l’affaire du meurtre d’Hélène Pastor, et de son chauffeur. Après que Pascal Dauriac a reconnu son implication mercredi, les explications du gendre de la milliardaire, accusé d’être le commanditaire du double  meurtre, était attendu.

Posé et sûr de lui, Wojciech Janowski a répondu à chacune des questions des parties civiles, de l’accusation et de l’avocat général. Il a néanmoins demandé à de nombreuses reprises qu’elles soient courtes et précises, pour plus de compréhension, lui qui est polonais d’origine. Il n’a pas hésité à faire paraître son indignation lorsqu’il considérait être coupé par les parties adverses allant même jusqu’à envoyer un « gniagniagnia » à l’avocat d’une partie civile.

200.000 euros la protection annuelle

Les débats se sont donc concentrés sur la relation que Wojciech Janowski entretenait avec Pascal Dauriac, son coach sportif, qui l’accuse de lui avoir versé 140.000 euros pour « liquider la vieille ». Janowski évoque quant à lui spontanément le versement d’une somme de 500.000 euros : « Il m’a fait comprendre que ma famille était menacée. J’ai accepté sa protection pour 200.000 euros par an, et j’ai payé en 2013 et en 2014 ». Personne n’aurait jamais aperçu la moindre protection autour de la famille.

Alors pourquoi accepter cette protection, quand la famille Pastor avait recours à de nombreuses entreprises de sécurité, se sont interrogés les avocats des parties civiles ? « Elles travaillaient toutes pour le groupe Pastor et je ne voulais pas que ça revienne aux oreilles de ma femme, pour ne pas l’inquiéter », rétorque l’accusé.

Une histoire de réputation

Oui, Wojciech Janowski a donc bien demandé à Pascal Dauriac de régler certains problèmes, mais il ne s’agissait en aucun cas de tuer Hélène Pastor. « Madame Pastor ne cessait de critiquer les membres de sa famille et leur portait préjudice quant à leur réputation, dont celle de ma femme et moi. Je savais que Dauriac était introduit dans beaucoup de familles monégasques, je souhaitais simplement qu’il redore notre réputation », a-t-il expliqué.

Préserver sa famille, et surtout sa femme, semble être l’unique obsession de Wojciech Janowski. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il explique avoir fait des aveux durant sa garde à vue.

« Lorsqu’elle n’était pas en garde à vue j’ai dit la vérité »

Interrogé sur les conditions de cette garde à vue, Wojciech Janowski l’a qualifié de « massacre » par ses « bourreaux », et de méthode digne de la « gestapo ».

« J’ai avoué simplement pour protéger ma famille. J’ai avoué être le commanditaire du double meurtre pour que Sylvia, ma femme, puisse être libérée. Elle souffrait d’un cancer, je voulais absolument la préserver et qu’elle s’occupe de nos enfants. Lorsqu’elle n’était pas en garde à vue j’ai dit la vérité, et lorsqu’elle a été libérée de sa garde à vue, j’ai repris la même version », a-t-il expliqué.

« Aucune preuve »

Lorsque le procureur fait remarquer à Wojciech Janowski que cette histoire de réputation n’apparaît à aucun moment dans le dossier, celui-ci résume simplement : « Vous n’avez de toute façon aucune preuve sur le fait que je sois le commanditaire ».

« Tout le monde en est convaincu, il faut le faire trébucher sur un mot, renchérit son avocat, Me Eric Dupond Moretti. Vous êtes tous aux aguets, tous à la chasse. Vous lui reprochez son calme. Vous préféreriez qu’il hurle, qu’il crie ? On dirait alors que c’est un comédien. Ça fait plus de sept heures que vous l’interrogez et vous lui demandez de démontrer qu’il est innocent, et de prouver que Dauriac ne dit pas la vérité, alors que le doute profite à l’accusé. »

Le procès doit se poursuivre avec l’audition de certains témoins, dont un détective privé qui a enquêté près de 20 ans sur Wojciech Janowski sur ordre d’Hélène Pastor.