Charente-Maritime: McDonald's va-t-il ouvrir son premier restaurant sur l'île d'Oléron?

AUDIENCE Le tribunal administratif a annulé le refus de permis de construire du maire de Dolus d’Oléron. Celui-ci a fait appel de cette décision et l’audience devant la cour administrative d’appel de Bordeaux s’est tenue ce jeudi…

Elsa Provenzano

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Les coulisses d'un restaurant Mac Donald's à Paris, le 15 novembre 2004.
Les coulisses d'un restaurant Mac Donald's à Paris, le 15 novembre 2004. — Durand Florence / Sipa
  • Une audience s’est tenue ce jeudi matin devant la cour administrative d’appel de Bordeaux dans l’affaire du maire de Dolus d’Oléron qui refuse l’implantation d’un McDonald’s sur sa commune.
  • Il met en avant les problèmes liés aux accès et à une surcharge de trafic routier, avec un risque pour la sécurité routière.

Il n’y a pas de Mac Donald's sur Belle île ou sur l’île de Ré, y’en aura-t-il un jour sur l'île d'Oléron, en Charente Maritime ? Grégory Gendre, maire de Dolus d’Oléron, commune sur laquelle le groupe américain a jeté son dévolu, met en tout cas toutes ses forces dans la bataille pour que cela n’arrive pas.

Une audience devant la cour administrative d’appel de Bordeaux a eu lieu ce jeudi, après que l’édile a fait appel de la décision du tribunal administratif de Poitiers de septembre 2017, annulant son refus de permis de construire à l’enseigne américaine, avec injonction de délivrer le document sous peine d’une astreinte de 300 euros par jour. L’avocat de McDonald’s Bertrand Thouly a demandé une réévaluation du montant de cette astreinte. Un appel aux dons a permis jusqu'à maintenant de payer cette astreinte, sans la faire peser sur les finances de la petite commune de l’île d’Oléron.

Des risques d’engorgement pour la mairie

L’argument principal du maire, ancien de Greenpeace et élu sur un programme ambitieux de transition écologique, concerne les problèmes d’engorgement de la circulation qu’engendrerait l’implantation du fast-food. « Cela représente 120 voitures par jour qui se rendent au McDonald’s », précise-t-il. La départementale, seule voie d’accès, est déjà surchargée, en particulier par l’afflux de touristes en été, et le maire ne veut pas en rajouter. « Ce sera un agrégateur de flux dans un endroit pas adapté », poursuit l’élu. 

« Tout ça n’est pas sérieux, a estimé maître Bertrand Thouly, devant le tribunal. Le fond du dossier ce n’est pas les accès ou la circulation mais la société McDonald’s et les produits qu’elle sert, On peut comprendre que certains ne souscrivent pas à ces produits mais il faut s’en tenir au droit de l’urbanisme. Cet élu de la République a rejeté le permis de construire pour des raisons idéologiques ».

Un exemple similaire dans le Puy-de-Dôme

« C’est un petit McDonald’s sur seulement 480 m2 avec 38 couverts, met en avant Philippe Villa, associé à la SCI Nicoval, propriétaire du terrain sur lequel McDonald’s veut s’implanter et qui a l’intention de proposer un bail de 45 ans au groupe l’américain. C’est le seul terrain qui reste dans la zone commerciale et il a même été prévu une architecture particulière, évoquant une cabane ostréicole, il n’y aura même pas de Ronald sur le toit ». Mais la réticence de la mairie ne se fonde pas sur des critères esthétiques : « si le projet se fait après au quotidien, ce sera à nous de gérer », pointe Grégory Gendre, craignant de créer une zone accidentogène. 

Dans sa plaidoirie, le conseil de la ville de Dolus a fait un parallèle avec la ville d'Aubière, dans le Puy-de-Dôme. Le maire y avait refusé un permis de construire à Burger King et le préfet s’était substitué à l’élu pour le signer. Aujourd’hui il se retourne vers lui pour traiter les problèmes de circulation et de sécurité routière dans la zone d’implantation du fast-food. 

Le délibéré de la Cour administrative d’appel est attendu d’ici deux à trois semaines.