La voiture dans laquelle Hélène Pastor et son son chauffeur Mohamed Darwich ont été criblés de balles, le 6 mai 2014 à Nice
La voiture dans laquelle Hélène Pastor et son son chauffeur Mohamed Darwich ont été criblés de balles, le 6 mai 2014 à Nice — VALERY HACHE AFP

ASSISES

Procès Pastor: Le tireur nie en bloc, le guetteur «pensait participer à un braquage»

Samine Saïd Ahmed et Al Haïr Hamadi disent qu’ils venaient de se rencontrer « par hasard »...

  • Au procès des assasins présumés d'Hélène Pastor, le tireur présumé a nié toute implication et le guetteur, lui, a assuré qu’il pensait participer à un braquage, malgré les témoignages et les éléments à charge.
  • Au total, dix personnes sont jugées jusqu'au 19 octobre pour leur participation, à des degrés divers, dans le guet-apens mortel.

Le duo accusé d’avoir pris directement part à l’assassinat d’Hélène Pastor a tenté de se dédouaner, mardi, devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône. Malgré les témoignages et les éléments à charge, le tireur présumé a nié toute implication et le guetteur, lui, a assuré qu’il pensait participer à un braquage.

Sur les images de vidéosurveillance qui les ont suivis tout au long de la journée du 6 mai 2014 depuis Marseille jusqu’à un hôpital de Nice, où la milliardaire et son chauffeur ont été tués, ce sont bien eux. Mais Samine Saïd Ahmed, le tireur présumé, et le guetteur Al Haïr Hamadi disent qu’ils venaient de se rencontrer « par hasard », sur la Canebière.

Changements de versions

Samine Saïd Ahmed avait un rendez-vous à Nice, dont il ne veut rien révéler « par crainte de se mettre en danger ». « Je ne le connaissais pas, je lui ai serré la main, je ne lui ai pas fait la bise », dit-il. Il emboîte néanmoins le pas d’Al Haïr Hamadi jusqu’à un hôtel à Nice.

En revanche, il ne se reconnaît pas sur les images tournées devant l’hôpital L'Archet, même s’il admet ensuite avoir retrouvé, quelques heures plus tard, toujours par hasard, Hamadi avec lequel il rentre en taxi à Marseille. « Je n’ai rien à voir dans ces faits-là », répète-t-il devant la cour d’assises, comme il l’a fait tout au long de l’enquête.

S’il n’a jamais donné le nom de son complice présumé, Al Haïr Hamadi, l’avait pourtant désigné sur une photo comme étant le tireur. En garde à vue, il avait aussi admis l’avoir recruté. Mais devant la cour, mardi, Hamadi a changé de version, soutenant ne pas savoir qui avait tiré sur la voiture d’Hélène Pastor à sa sortie de l’hôpital.

« Je ne savais pas tout ce qui allait se passer »

Recruté selon l’accusation par Pascal Dauriac, le coach de Wojciech Janowski, gendre d’Hélène Pastor, accusé d’être le commanditaire, Al Haïr Hamadi s’est bien rendu à l’hôpital au moment où sortait la voiture de la Monégasque. Mais « je ne savais pas tout ce qui allait se passer », se défend-il. Il avait admis, en garde à vue, connaître le projet du double meurtre mais il assure désormais penser qu’il s’agissait d’un braquage, du vol du sac.

« Dauriac m’a expliqué qu’il fallait braquer une personne riche », soutient-il. En garde à vue pourtant, il avait déclaré aux enquêteurs avoir refusé de jouer le rôle du tireur : « Je me suis dit que c’était pour un charclage, car à ce prix-là [120.000 euros], c’est un meurtre ». Il a assuré devant la cour que « "charclage" ne veut pas forcément dire "tuer quelqu’un" ».

Mais Al Haïr Hamadi, qui nie avoir acheté l’arme du crime, a aussi été contredit point par point par un autre accusé, son ami Anthony Colomb. « Quinze jours ou trois semaines avant les assassinats, il m’a demandé si cela m’intéressait », a expliqué ce dernier, qui envisageait d’accepter la proposition avant de se récuser. Il finira quand même par conduire Hamadi à Martigues récupérer l’arme utilisée à Nice, un fusil à canon scié.