Toulouse: Une information judiciaire ouverte après le prêche controversé de l'imam d'Empalot

JUSTICE Le procureur de la République de Toulouse, Dominique Alzéari, vient d’ouvrir une information judiciaire pour « provocation publique à la haine ou à la violence » après le prêche controversé de l’imam d’Empalot…

Béatrice Colin

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La grande mosquée de Toulouse, à Empalot.
La grande mosquée de Toulouse, à Empalot. — ERIC CABANIS / AFP
  • Mohamed Tataï, l’iman de la grande mosquée de Toulouse, était visé depuis par une enquête pour un prêche jugé antisémite.
  • Le procureur de Toulouse, Dominique Alzéari, vient d’ouvrir une enquête "provocation publique à la haine ou à la violence" à l’encontre de Mohamed Tataï.

En juin dernier, l’imam de la mosquée d’Empalot, Mohamed Tataï, était pointé du doigt pour l’un de ses prêches, prononcé le 15 décembre 2017 en arabe littéraire. Les propos tenus à l’encontre des juifs​ pouvaient, selon la traduction, constituer une « incitation à la haine ».

Le 29 juin, le parquet de Toulouse avait dans un premier temps ouvert une enquête préliminaire confiée aux enquêteurs du SRPJ, dont l’une des missions était de faire traduire la vidéo par un traducteur assermenté. L’Union des étudiants juifs de France avait, de son côté, porté plainte pour « incitation à la haine raciale » et le maire de la Ville rose avait condamné ces propos.

Le nouveau procureur de la République de Toulouse, Dominique Alzéari, a annoncé ce mardi matin l’ouverture une information judiciaire à l’encontre de Mohamed Tataï pour « provocation publique, par parole, à la haine ou à la violence en raison de l’origine, de l’ethnie, la nation, la race ou la religion », « provocation publique, au moyen de communication au public par voie électronique, à la haine ou à la violence en raison de l’origine, de l’ethnie, la nation, la race ou la religion ».

Lâché par Dalil Boubakeur

Deux magistrats sont désormais en charge de l’instruction de ce dossier. « Ce n’est pas une affaire simple, nous avons tout remis à plat durant l’été et analysé ces propos qui datent du mois de décembre », a expliqué lundi le nouveau chef du parquet.

Absent durant plusieurs semaines cet été, l’imam de la mosquée d’Empalot avait pu être entendu au début du mois. Au moment de la polémique, il s’était excusé auprès de la communauté juive expliquant que ses propos avaient été sortis de leur contexte.

Soutenu dans un premier temps par Dalil Boubakeur, il avait été finalement lâché par le recteur de la grande mosquée de Paris.