Viol présumé au quai des Orfèvres: Deux policiers jugés aux assises en janvier

JUSTICE Deux fonctionnaires de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) ont été renvoyés devant la cour d’assises pour « viol en réunion »...

20 Minutes avec AFP

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Le 22 avril 2014, dans un pub irlandais en face du fameux 36 quai des Orfèvres, siège de la police judiciaire parisienne, des policiers s'étaient liés avec la jeune femme, alors âgée de 34 ans
Le 22 avril 2014, dans un pub irlandais en face du fameux 36 quai des Orfèvres, siège de la police judiciaire parisienne, des policiers s'étaient liés avec la jeune femme, alors âgée de 34 ans — Joel Saget AFP

Deux policiers, accusés du viol d’une touriste canadienne dans les locaux du 36 Quai des Orfèvres à Paris en 2014, seront jugés aux assises de Paris du 14 janvier au 1er février 2019, a-t-on appris samedi auprès du parquet général.

L’affaire avait secoué le « 36 », les locaux historiques de la police judiciaire parisienne sur l’île de la Cité, immortalisés dans de nombreux films et qui ont depuis migré dans le quartier des Batignolles, dans le nord-ouest de Paris. A l’issue d’une longue enquête, deux fonctionnaires de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI), âgés de 40 et 49 ans, ont été renvoyés devant la cour d’assises pour « viol en réunion ».

Une troisième empreinte génétique inconnue

Le 22 avril 2014, dans un pub irlandais en face du siège de la police judiciaire parisienne, des policiers s’étaient liés avec la touriste canadienne, fortement alcoolisée et sous l’emprise de stupéfiants. En pleine nuit, les fonctionnaires, qui n’étaient pas en service, lui avaient fait visiter les locaux. Elle en était ressortie en larmes quelques heures plus tard, extrêmement choquée.

Elle avait porté plainte pour viol. Un des policiers avait évoqué une relation sexuelle « consentie », l’autre démentant tout rapport avant de reconnaître des « attouchements réciproques ». Des empreintes génétiques des deux fonctionnaires avaient été retrouvées sur les sous-vêtements de la touriste canadienne, ainsi qu’une troisième empreinte, inconnue. Une vaste opération de prélèvements ADN sur des fonctionnaires de la police judiciaire avait eu lieu en septembre 2015, mais n’avait rien donné.

Le parquet et la victime avaient fait appel

En juillet 2016, les juges d’instruction avaient prononcé un non-lieu, mais le parquet de Paris et la jeune femme avaient fait appel. En septembre 2017, la chambre de l’instruction de la cour d’appel avait suivi les réquisitions du parquet général qui avait estimé, au cours de l’audience que le « comportement jovial et libéré » de la jeune femme ne pouvait conduire à dire qu’elle avait « consenti à des relations sexuelles à plusieurs dans les locaux de la BRI ».

Le ministère public avait mis en avant ses « déclarations » constantes, «même si le souvenir de la chronologie des faits et du rôle de chacun de ses agresseurs a été flou au regard de son alcoolisation». L’avocate de la jeune femme, Sophie Obadia, avait salué une décision qui « redonne sa dignité à ma cliente » car « la justice reconnaît enfin que cette femme étrangère en situation de vulnérabilité a été abusée sexuellement ».