Procès d’Abdelkader Merah: Le frère de Mohamed Merah sera jugé en appel au printemps 2019

TERRORISME Le frère du tueur de Toulouse et Montauban avait été condamné en novembre 2017 à 20 ans de réclusion criminelle…

20 Minutes avec AFP

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Abdelkader Merah devant la cour d'assises de Paris lors de son procès en octobre 2017.
Abdelkader Merah devant la cour d'assises de Paris lors de son procès en octobre 2017. — B. Peyrucq / AFP
  • Le procès en appel d’Abdelkader Merah aura lieu du 25 mars au 18 avril 2019 à Paris.
  • Condamné à 14 ans de prison lors du même procès, Fettah Malki sera également rejugé.

Abdelkader Merah sera rejugé aux assises de Paris du 25 mars au 18 avril 2019. Le frère de Mohamed Merah, qui avait tué sept personnes à Toulouse et Montauban en mars 2012, avait été condamné à 20 ans de réclusion criminelle en novembre 2017.

Le ministère public avait fait appel du verdict, qui condamnait Abdelkader Merah pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle » mais l’acquittait de l’accusation de complicité des sept assassinats. Pour le ministère public, la cour d’assises spéciale de Paris, composée de cinq magistrats, n’avait « pas tiré toutes les conséquences juridiques des faits » examinés au cours des débats de cinq semaines, très tendus entre les familles des victimes et les accusés.

Fettah Melki sera également rejugé. Lors du même procès, il avait été condamné à 14 ans de prison pour avoir vendu à Mohamed Merah l’arme et le gilet pare-balles ayant servi à tuer des militaires, des enfants et un enseignant juifs, alors qu’il connaissait sa radicalisation jihadiste.

La thèse du tueur solitaire

L’avocate générale, Naïma Rudloff, avait requis la réclusion criminelle à perpétuité avec une peine de sûreté de 22 ans contre Abdelkader Merah, en retenant contre lui la complicité, et 20 ans de réclusion contre Fettah Malki avec une peine de sûreté des deux tiers.

Après le verdict, l’avocat d’Abdelkader Merah, Éric Dupond-Moretti, avait salué une décision respectant les « règles de droit » et des juges ayant su « résister à la pression de l’opinion publique ». Dans son arrêt, la cour soulignait que Mohamed Merah avait « toujours été seul » au moment où il avait commis les sept assassinats, les 11, 15 et 19 mars 2012 à Toulouse et Montauban, avant d’être tué par les forces d’élite de la police le 22 mars.

Le désarroi des familles de victimes

« S’il partageait bien les motivations » du jihadiste, « aucun élément de la procédure ne montre » qu’Abdelkader Merah « connaissait les objectifs visés et les crimes commis par son frère », avait-elle jugé, au grand dam des familles des victimes.