Affaire de la Société générale: La justice rejette la demande de révision de Jérôme Kerviel

JUSTICE « Le bon droit à triomphé », s'est félicité Jean Veil, l'avocat de la Société générale...

F.F. et V.V.

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L'ancien trader de la Société Générale, Jérome Kerviel, le 20 janvier 2016 devant le tribunal de Versailles.
L'ancien trader de la Société Générale, Jérome Kerviel, le 20 janvier 2016 devant le tribunal de Versailles. — Christophe Ena/AP/SIPA

Une décision sans surprise. La commission d’instruction de la Cour de révision a jugé ce jeudi « irrecevable » la demande de Jérôme Kerviel à pouvoir bénéficier d’un nouveau procès ou d’investigations complémentaires, dix ans après l’éclatement de l’affaire qui l’oppose, depuis, à la Société générale Les magistrats de la plus haute juridiction française ont estimé qu’aucun « fait nouveau » ou « élément inconnu de la justice » jusqu’ici ne justifiait l’ouverture d’une nouvelle enquête sur les faits.

Lors de l’audience, le 18 juin, la défense de l’ancien trader avait réclamé de nouvelles investigations sur l’enregistrement clandestin de Chantal de Leiris. Sur cette bande sonore de 41 minutes que 20 Minutes et Médiapart avaient dévoilée le 17 janvier 2016, l’ancienne vice-procureure au parquet de Paris indiquait que toute l’enquête judiciaire sur Jérôme Kerviel avait été « manipulée » par la Société Générale et, surtout, que la banque « savait » tout des agissements de son ancien trader. « C’est évident ! Évident ! » répétait-elle même à ce propos.

Dans la motivation de sa décision dont 20 Minutes a pris connaissance, la commission d’instruction a d’abord mis en doute la « recevabilité » en tant que preuve de cet enregistrement clandestin, rappelant qu’il faisait l’objet d’une plainte pour « violation de la vie privée » instruite à Lille. « A supposer que ces éléments puissent être jugés recevables, il convient de rappeler qu’ils tendent seulement à établir que les magistrats du parquet étaient sous l’influence des avocats de la Société générale », écrivent ainsi les magistrats avant de rappeler que l’ancien trader a été renvoyé en justice puis condamné en première instance et en appel par « des magistrats du siège » et non du parquet.

Quand l’avocat de la banque dresse un parallèle avec l’affaire Seznec

« Le bon droit a triomphé », s’est félicité Jean Veil, l’avocat historique de la Société Générale, à la sortie de l’audience. Interrogé sur le fait qu’il s’agissait du point final de toute cette affaire, l’avocat de la banque s’est montré caustique. « Tel Seznec et ses héritiers, M. Kerviel a la possibilité de (re) saisir la Cour de révision pendant 20 ans. »

« Ce n’est certainement pas la fin de l’affaire, a réagi, de son côté, Julien Dami Le Coz, avocat de Jérôme Kerviel. Mon client est résolu à faire triompher le droit. »