Une ex-syndicaliste d'Areva accusée d'avoir inventé son agression jugée en appel

VIOLENCES En 2012, l'employée avait été retrouvée chez elle, ligotée à une chaise, bâillonnée, un manche de couteau introduit dans le vagin et un « A » scarifié sur le ventre...

20 Minutes avec AFP

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Cour d'appel de Versailles (image d'illustration).
Cour d'appel de Versailles (image d'illustration). — JACQUES DEMARTHON / AFP

Elle avait été condamnée à cinq mois de prison avec sursis lors d'un premier procès. Une ex-syndicaliste d’Areva est jugée en appel ce mardi à Versailles pour avoir inventé une agression sauvage à son domicile dont elle avait accusé son ancien employeur.

En 2012, l'employée avait été retrouvée par sa femme de ménage à son domicile des Yvelines, ligotée à une chaise, bâillonnée, un manche de couteau introduit dans le vagin et un « A » scarifié sur le ventre. Cette Irlandaise de 63 ans, professeur d’anglais dans la société Saint-Gobain Nucléaire, filiale d’Areva (devenu Orano), était également secrétaire CFDT du comité de groupe européen du géant du nucléaire.

Aucune trace ADN

La syndicaliste avait lié son agression à un accord signé entre EDF, Areva et l’opérateur nucléaire chinois CGNPC permettant des transferts de technologie en vue du développement d’un nouveau réacteur chinois. Accord auquel elle était farouchement opposée car elle estimait qu’il était dangereux pour l’emploi en France de transmettre ces informations.

« Il n’y aura pas de troisième avertissement. Arrête de t’occuper de ce qui ne te regarde pas », avait déclaré, selon elle, son agresseur. Mais les enquêteurs ont très vite soulevé des incohérences entre son récit et leurs constatations. En premier lieu, l’absence de toute trace ADN ou papillaire, hormis celles de la « victime », de son mari ou de la femme de ménage.

Menacée en cellule

Autre étrangeté, l’agresseur serait venu les mains vides à son domicile. Les liens, le bâillon ainsi que le couteau venaient tous de la maison.

Questionnée sur ces invraisemblances, la syndicaliste avait fini par reconnaître avoir tout inventé, avant de se rétracter un mois plus tard. Elle avait alors expliqué avoir avoué sous la contrainte, un homme étant venu la voir en cellule pour lui dire que « le rouleau compresseur de la justice et d’Areva allait se mettre en marche. »

Traitement contre la dépression

Souffrant de dépression, elle avait rendu visite à un psychiatre quelques jours avant les faits et commencé un traitement. Pour autant, lors de son premier procès, son ancien avocat Thibault de Montbrial avait tenu à rappeler les échanges réguliers entre sa cliente et plusieurs ministres en exercice comme Arnaud Montebourg ou Bernard Cazeneuve, signe de sa crédibilité auprès des autorités.

Dans une pétition en ligne, son comité de soutien appelle à « une justice équitable » pour les lanceurs d’alerte et dénonce un premier procès « uniquement à charge ». Son avocat Hervé Temime a prévu de plaider la relaxe.

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