La justice va dire, ce jeudi, si Jérôme Kerviel peut prétendre à un procès en révision

REEXAMEN Estimant que l’enquête le concernant a été « partiale », l’ancien trader espère obtenir un procès en révision…

Vincent Vantighem

— 

Jérôme Kerviel lors de son audience en révision le 18 juin 2018.
Jérôme Kerviel lors de son audience en révision le 18 juin 2018. — Eric FEFERBERG / AFP
  • Jérôme Kerviel a été condamné définitivement en 2014 à 3 ans de prison ferme.
  • Estimant que l’enquête a été « partiale », il réclame un procès en révision.
  • La Commission d’instruction de la Cour de révision doit se prononcer ce jeudi.

Ce n’est encore qu’une première étape. Mais elle est indispensable à Jérôme Kerviel qui entend toujours faire établir son innocence, plus de dix ans après les faits. La commission d’instruction de la Cour de révision doit dire, ce jeudi midi, si la demande de l’ancien trader à pouvoir bénéficier d’un nouveau procès est recevable ou non.

Reconnu coupable, en 2010, d’avoir causé une perte de 4,9 milliards d’euros à la Société générale, l’ancien trader avait vu sa condamnation pénale à trois ans de prison ferme confirmée en appel en 2012 puis par la cour de cassation en 2014. Mais il estime toujours que l’enquête a été « partiale » et qu’il mérite donc de pouvoir bénéficier d’un procès en révision, une procédure extrêmement rare en France.

L’enregistrement clandestin au cœur des débats

Saisie de cette demande le 18 juin, la commission d’instruction peut aujourd’hui déclarer recevable ou irrecevable la demande de l’ancien trader ou encore réclamer de nouvelles investigations. Pour cela, l’avocat de Jérôme Kerviel a présenté des éléments qu’il estime « nouveaux » lors de l’audience.

Selon nos informations, le trader a demandé, à cette occasion, à la commission de lancer de nouvelles investigations sur l’enregistrement clandestin de Chantal de Leiris. Sur cette bande sonore de 41 minutes que 20 Minutes et Médiapart avaient dévoilée le 17 janvier 2016, l’ancienne vice-procureure au parquet de Paris indiquait que toute l’enquête judiciaire sur Jérôme Kerviel avait été « manipulée » par la Société Générale et, surtout, que la banque « savait » tout des agissements de son ancien trader. « C’est évident ! Évident ! » répétait-elle même à ce propos.

La banque, par la voix de ses avocats, avait plaidé que cet enregistrement « déloyal » ne constituait pas un élément « nouveau » en soi. Le ministère public avait requis le rejet de la demande du trader. Ce jeudi, la décision devrait être connue vers midi.