Procès des viols à Courbevoie: L’animateur pédophile condamné à quinze ans de réclusion

PROCÈS Edouard de B. était jugé aux assises, depuis une semaine, pour avoir violé deux enfants et agressé sexuellement treize autres dans trois écoles de Courbevoie (Hauts-de-Seine)…

Vincent Vantighem

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Illustration d'un couloir dans une école élémentaire.
Illustration d'un couloir dans une école élémentaire. — C. Allain / 20 Minutes
  • Edouard de B. était jugé pour viols et agressions sexuelles sur mineurs.
  • Il a été condamné à 15 années de réclusion criminelle.
  • Après le témoignage des enfants, il avait fini par reconnaître les faits.
  • Il encourait une peine maximale de 20 ans de réclusion criminelle.

« Parce que c’est pas bien ce qu’il a fait… » Avec leurs mots, les enfants avaient réclamé, mercredi, que l’accusé reste « le plus longtemps possible en prison ». La cour d’assises des Hauts-de-Seine a condamné, ce vendredi, Edouard de B. à quinze années de réclusion criminelle pour deux viols et treize agressions sexuelles commis sur des mineurs.

Ebranlé par le témoignage des enfants à la barre, l’ancien animateur périscolaire de 29 ans avait fini par reconnaître tous les faits qui lui étaient reprochés après une audience éprouvante. « Je sais le mal que j’ai fait. Je sais qu’ils ne me pardonneront jamais », avait-il lâché, mercredi soir.

La question d’une « emprise mentale » sur les enfants

Chargé de garder les enfants des écoles élémentaires avant et après la classe ainsi que durant l’heure du déjeuner, cet animateur avait, selon le récit de plusieurs parents, profité de son « emprise morale et mentale » sur les enfants âgés de 6 ou 7 ans pour les agresser dans les toilettes ou le gymnase des différentes écoles où il exerçait. « Il m’a demandé de montrer mon zizi. Sinon, il me ferait virer de l’école », avait par exemple raconté Grégory*, à l’audience.

Au-delà de la peine de prison, la cour d’assises des Hauts-de-Seine a également condamné Edouard de B. à un suivi sociojudiciaire de sept années, ainsi qu’à une peine de sept années de prison supplémentaires dans le cas où il ne le respecterait pas. Il est également interdit d’exercer définitivement toute activité, bénévole ou professionnelle, au contact des enfants et de se rendre à Courbevoie où les faits ont eu lieu. En toute logique, son inscription au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles (FIJAIS) a aussi été prononcée.

« On est surtout satisfaits d’être allé au bout de ce procès, a réagi à l’issue du verdict la maman de Yoan*, l’une des petites victimes. Avec son papa, nous allons rentrer pour lui expliquer ce verdict. Et surtout lui dire qu’il ne sera plus en contact avec d’autres enfants. Cela lui importait beaucoup qu’il ne puisse plus faire de mal à d’autres. »

Vers des poursuites pour « non-dénonciation de crime sexuel »

Ce verdict ne vient, quoi qu’il en soit, pas clore cette affaire judiciaire. Plusieurs parents des enfants victimes des agissements de l’accusé souhaitent désormais engager des poursuites à l’encontre de certains responsables administratifs du VAL, la structure municipale chargée de gérer les animateurs périscolaires.

L’enquête a permis d’établir qu’Edouard de B. avait été maintenu dans ses fonctions jusqu’en 2015 malgré deux signalements d'agressions effectués en 2012 et 2013. Devant le juge d’instruction, il avait lui-même reconnu avoir été « surpris » qu’on le remette « au contact des enfants » après ce qu’il s’était passé.

Appelé à témoigner, mercredi, le maire (LR) de Courbevoie, Jacques Kossowski, avait choqué les parties civiles en indiquant, « bien entendu » que les pratiques concernant les signalements avaient changé mais qu’il ignorait qui est chargé de saisir, aujourd’hui, la justice si un pareil cas venait à se reproduire.

Saisi d'une enquête préliminaire pour non-dénonciation de crime sexuel, le parquet de Nanterre a, aujourd’hui, la possibilité d’engager des poursuites à l’encontre de certains responsables administratifs. S’il ne le faisait pas, Marie Grimaud, l’avocate de plusieurs enfants, n’exclut pas de les faire citer directement devant un tribunal correctionnel.

« Aujourd’hui, nous avons un coupable. Mais il y a aussi des responsables qui ne l’ont pas mis hors d’état de nuire quand ils ont été informés de ses agissements, témoigne ainsi la maman d’un enfant victime. Pour moi, cela reste toujours aussi incompréhensible et inadmissible. »

*Le prénom a été changé

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