Procès Clément Méric: Les deux principaux accusés condamnés à sept et onze ans de réclusion criminelle

PROCES L'un des trois skinheads, renvoyé pour des violences sur les amis de la victime, a été acquitté...

Caroline Politi

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La photo de Clément Méric sur une affiche pendant une manifestation le 6 juin 2013 à Paris
La photo de Clément Méric sur une affiche pendant une manifestation le 6 juin 2013 à Paris — JOEL SAGET AFP
  • Trois anciens skinheads sont jugés depuis le 4 septembre pour leur implication dans la bagarre ayant entraîné la mort de Clément Méric. 
  • L'avocat général a requis des peines allant de deux ans de prison ferme à douze ans de réclusion criminelle. 

L’un a semblé comprendre le verdict, l’autre est resté coi, presque sidéré lorsque les gendarmes sont venus lui passer les menottes aux poignets. Ce vendredi, au terme de neuf heures de délibéré, la cour d’assises de Paris a condamné deux anciens skinheads impliqués dans la mort de Clément Méric, jeune militant antifasciste, à des peines de onze et sept ans de réclusion criminelle pour des « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». La cour a retenu les circonstances aggravantes de violences en réunion et avec arme, en l’occurrence un poing américain. Un troisième homme, Alexandre Eyraud, uniquement renvoyé pour des violences sur les amis de la victime, a été acquitté.

Un lourd verdict, similaire aux réquisitions de l’avocat général qui réclamait sept et douze ans de prison à leur encontre. «  Clément Méric a succombé autant à la haine qu’à la bêtise et à l’inconséquence », avait insisté, jeudi, le magistrat. Les avocats des deux accusés ont d’ores et déjà annoncé qu’ils comptaient faire appel. « Ce procès est la première partie, il y aura une seconde manche », a réagi Me Antoine Maisonneuve, l’un des conseils d’Esteban Morillo. 

« Il y a eu des agresseurs et des agressés »

La peine la plus lourde a été prononcée contre Esteban Morillo qui a toujours reconnu avoir porté deux coups de poing au militant antifasciste, dont celui qui l’a fait lourdement chuter. Il n'a, en revanche, eu de cesse de nier avoir fait usage d'un poing américain. Le jeune homme de 25 ans, droit comme un « i » devant la cour, est resté presque impassible, le visage fermé, à l’énoncé du verdict. Samuel Dufour, en revanche, s'est effondré en larmes en comprenant qu’il venait d’être condamné à sept ans de prison. La cour a estimé que sa participation à la rixe mortelle le rendait responsable de la mort de Clément Méric, qu’il l’ait ou non frappé.

Silencieux depuis le début du procès, les parents de la victime ont salué la qualité des débats au cours de ces deux semaines d’audience. Si « l’incarcération n’est jamais une victoire », a précisé la mère de Clément Méric, ils se sont montrés satisfaits que la cour ne retienne pas la thèse de la défense selon laquelle, dans cette affaires les torts sont partagés, l'idée selon laquelle les antifas ont provoqué, les skinheads ont répondu. « La décision de la cour fait un sort au mensonge sur le comportement de Clément et ses amis, il y a eu des agresseurs et des agressés qui ont trop longtemps été renvoyés dos à dos », a réagi le père de Clément Méric quelques minutes après l’annonce du verdict.