Lyon: Eborgné par un pommeau de douche, il fait condamner un hôtel

ACCIDENT L'homme, routier de profession, avait perdu son emploi à la suite de cet accident...

20 Minutes avec AFP

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Une douche. (Illustration)
Une douche. (Illustration) — George Gutenberg / Mood/REX/SIPA
  • Un routier de 38 ans a fait condamner un hôtel de Lyon dans lequel il avait séjourné en août 2011.
  • L'homme avait été percuté par le pommeau de douche, du fait de la pression de l'eau.
  • Il avait perdu son oeil droit et son travail dans la foulée.

L’histoire aurait pu faire sourire si l’homme n’avait pas perdu un œil et son emploi dans la foulée. Un routier vient de faire condamner un hôtel de Lyon dans lequel il avait séjourné en août 2011. L’établissement a été contraint de lui verser 412.000 euros de dommages et intérêt à cause… d’un pommeau de douche.

En tentant d’ouvrir un robinet sous la douche, l’homme de 38 ans, d’origine macédonienne, s’était pris le pommeau dans le visage, du fait de la pression de l’eau. Ce qui lui avait valu de perdre son œil droit. Et son emploi dans la foulée.

Dans une décision rendue le 2 juillet et dont l’AFP a eu connaissance, la cour d’appel de Paris a condamné l’établissement, ainsi que son assureur. Des experts avaient jugé son récit compatible avec sa blessure.

Un pommeau mal enclenché

Parmi eux, un ingénieur avait souligné qu’une forte pression d’eau dans le tuyau souple reliant la douchette à la robinetterie pouvait avoir propulsé le pommeau contre la victime, pour peu que cette douchette ait été « mal enclenchée dans son support » ou « orientée de façon quasi-horizontale ».

Et ce, sans même que le pommeau se détache du tuyau - l’hôtel n’avait eu aucune réparation à effectuer.

Débouté en première instance

Alors que le tribunal de grande instance de Paris avait débouté le plaignant en 2016, la cour d’appel a au contraire pointé des « présomptions suffisamment graves, précises et concordantes, de nature à établir l’existence d’un manquement fautif » de la part de l’hôtelier, qui n’a pas apporté la « preuve » « d’un dispositif de sécurité efficace concernant les installations de douche ».

Le plaignant demandait au total 1,3 million d’euros de dommages et intérêts. Mais « malgré les séquelles », il « conserve une capacité de gains » par le biais d’autres emplois, ont noté les juges d’appel. Depuis son accident, il a notamment travaillé comme concierge, peintre ou salarié de l’Organisation nationale des aveugles espagnols. Pays dans lequel il réside.