Nice: Prison requise contre le gérant d'un pressing après le décès d'une voisine imputé au perchloréthylène

JUSTICE Le parquet de Nice a demandé 18 mois de prison avec sursis à l’encontre le gérant du commerce, poursuivi pour homicide involontaire…

F.B. avec AFP

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Illustration d'un pressing
Illustration d'un pressing — Justin Sullivan afp.com
  • José-Anne Bernard, qui avait l’impression de se consumer « comme une chandelle » en vivant au-dessus d’un pressing, est décédée le jour de Noël 2009.
  • La septuagénaire a été a priori victime d’émanations de perchloréthylène, un solvant cancérogène utilisé par la boutique.​
  • Dix-huit mois de prison avec sursis ont été requis contre le gérant, poursuivi pour homicide involontaire et soupçonné de ne pas avoir équipé ses installations de filtres efficaces.

Le sort de José-Anne Bernard, morte d’un arrêt cardiaque le jour de Noël 2009, est-il lié à l’activité d’un pressing ? Le parquet de Nice a requis lundi 18 mois de prison avec sursis à l’encontre du gérant du commerce, poursuivi pour homicide involontaire.

Cette septuagénaire a été a priori victime d’émanations de perchloroéthylène, un solvant cancérogène utilisé par la boutique au-dessus de laquelle elle vivait. Le jugement a été mis en délibéré au 29 octobre.

Un drame survenu « juste pour une histoire de filtre et de coût »

José-Anne Bernard avait l’impression de se consumer « comme une chandelle », comme elle l’avait expliqué à ses proches, mettant en cause les émanations du pressing. La mise en examen était intervenue deux ans plus tard, après une plainte de sa famille.

Le perchloréthylène, utilisé pour dissoudre les graisses, est classé parmi les composés chimiques cancérogènes probables pour l’homme. Son utilisation doit être interdite en France en 2022.

Devant le tribunal correctionnel de Nice, le parquet a aussi requis contre le gérant une interdiction de trois ans d’exercer une activité professionnelle sur une installation classée, estimant que ce drame était survenu « juste pour une histoire de filtre et de coût ».

La société de contrôle Bureau Véritas également poursuivie

Dans son réquisitoire, le procureur a par ailleurs demandé une amende de 225.000 euros à l’encontre de la société Bureau Véritas, également poursuivie pour homicide involontaire, estimant que le contrôle effectué par cette société l’avait été « a minima ».

Les avocats de la défense ont tous deux évoqué l’absence de causalité entre le décès de la victime et les fautes supposées du gérant ou du bureau de contrôle.