Policiers agressés au Nouvel an à Champigny : Les organisateurs de la soirée jugés ce lundi

POLICE Un capitaine de police s’était fait casser le nez et une jeune gardienne de la paix avait été tabassée…

avec AFP

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Des membres du syndicat de police Alliance manifestent devant le commissariat de Champigny le 2 janvie 2018.
Des membres du syndicat de police Alliance manifestent devant le commissariat de Champigny le 2 janvie 2018. — THOMAS SAMSON

Une scène d’une violence inouïe. Les images d’une policière à terre, rouée de coups lors du Nouvel an 2018 à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), avaient suscité l’indignation. Mais la soirée sur laquelle elle intervenait n’aurait jamais dû avoir lieu : trois hommes impliqués dans son organisation doivent être jugés lundi.

Deux jeunes hommes de 22 et 25 ans, soupçonnés d'être les organisateurs de la soirée illégale, comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Créteil. Le troisième prévenu est un pasteur évangélique de 59 ans qui leur a prêté la salle, alors que le lieu n’avait aucune autorisation pour recevoir du public. Le trio est notamment poursuivi pour « mise en danger de la vie d’autrui ».

Une gardienne de la paix tabassée

Lors du réveillon 2018, des centaines de personnes étaient venues faire la fête dans un hangar de Champigny. Problème : le lieu est déjà plein à craquer. La queue s’étire dans le froid et la soirée dégénère. Pendant l’intervention des forces de l’ordre, deux policiers se retrouvent séparés et sont agressés : un capitaine se fait casser le nez, une jeune gardienne de la paix est mise au sol et tabassée.

Filmée, l'agression fait le tour des réseaux sociaux et ravive la grogne dans les rangs de la police. Tandis que le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb s’indigne, la mairie de Champigny pointe immédiatement « l’organisation déplorable de la soirée ». Au-delà de l’identification des agresseurs, le parquet ouvre une deuxième enquête sur les conditions d’organisation de cette soirée clandestine.

Une salle louée à une église évangélique

Le hangar était « un local d’activité économique » et n’était pas « enregistré comme pouvant recevoir du public », avait expliqué la municipalité. Le propriétaire du lieu a d’emblée expliqué aux policiers qu’il louait la salle à une église évangélique. Le procès devra déterminer comment son pasteur a prêté la salle aux deux jeunes organisateurs de la soirée du Nouvel an.

Dans cette affaire, onze personnes soupçonnées d’avoir frappé les policiers, d’avoir filmé la scène ou de ne pas leur avoir porté secours ont été mises en examen en avril. Elles doivent être jugées lors d’un autre procès.

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