Courbevoie: Le tribunal dresse le portrait de l’animateur périscolaire accusé de viols et agressions sexuelles

ABUS La question de la responsabilité des supérieurs a aussi été abordée…

20 Minutes avec AFP

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Le procès à lieu à Nanterre.
Le procès à lieu à Nanterre. — ALAIN JOCARD / AFP

Le procès d’un animateur périscolaire accusé de viols et d’agressions sexuelles sur 15 élèves dont il avait la charge à Courbevoie ( Hauts-de-Seine) s’est ouvert vendredi aux assises de Nanterre, avec en filigrane la question de la responsabilité de sa hiérarchie, soulevée par la partie civile. La cour a brossé, au premier jour du procès, le portrait de l’accusé, qui a reconnu une partie des faits au cours de l’instruction. Chemise grise, les mains jointes, il a répondu posément aux questions sur son enfance, vécue entre Grande-Bretagne, Belgique et France, après avoir été adopté à quelques mois en Inde.

Aujourd’hui âgé de 29 ans, il est poursuivi pour des attouchements sur 13 garçons et pour des viols sur deux autres, au cours de baby-sittings et lors d’activités périscolaires à l’école primaire, entre 2011 et 2015. Il comparaît aussi pour corruption de mineur et détention d’images à caractère pédopornographique. Interrogé dans le box, il a évoqué ses difficultés d’apprentissage, une incursion dans la restauration puis le paysagisme, avant d’être embauché en tant qu’animateur en 2012 avec le statut de travailleur handicapé. Il a lâché avoir lui-même subi des abus sexuels étant enfant, notamment chez les scouts.

Le rôle de la hiérarchie

« On ne peut pas faire abstraction de l’histoire d’un individu, et d’une histoire aussi complexe et douloureuse que la sienne, donc à l’évidence, il y a un lien très fort entre son parcours personnel et les faits qui lui sont reprochés », a déclaré son avocat Me Sammy Jeanbart lors d’une suspension d’audience.

La question non-encore tranchée du rôle joué par sa hiérarchie a surgi dès le début du procès : les avocats des victimes ont ainsi contesté la présence sur le banc des parties civiles de la structure communale qui employait l’animateur, le VAL (Vacances-Animation-Loisirs). Le VAL « a participé, dans l’esprit de mes clients, à ces agressions, en les permettant, en ne protégeant pas leurs enfants », a déclaré Me Marie Grimaud, qui a ajouté : « Dès le mois de décembre 2012, tout cela aurait pu s’arrêter ».

« Pas le lieu »

Des gestes de l’animateur avaient alors été rapportés par des enfants, ainsi qu’en août 2013, sans que la justice n’en soit informée. L’accusé avait été suspendu plusieurs mois pendant une enquête des services départementaux, puis réintégré avec un suivi administratif de six mois. Sur ce volet, une enquête contre X pour non-dénonciation d’agression sexuelle sur mineur a été ouverte en octobre 2017. Clôturée en février, elle est toujours entre les mains du parquet, qui n’a pris « aucune décision » sur les suites à y donner, a souligné à l’audience l’avocate générale.

La présidente, Magali Tabareau, a prévenu : « Ce n’est pas le lieu de débattre des faits de non-dénonciation, dont nous ne sommes pas saisis. Nous sommes là pour juger [l’accusé] et personne d’autre ». Une quarantaine de témoins et parties civiles doivent être entendus, dont le maire de Courbevoie, avant le verdict attendu le 14 septembre.