Douze perquisitions chez des fabricants de matériel électrique français, soupçonnés d'entente illicite sur les prix

ENQUETE Début avril, Mediapart avait révélé « un mécanisme d’entente occulte sur les prix mis en place » par Schneider et Legrand ainsi que par leurs principaux clients…

20 Minutes avec AFP

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L'usine Legrand de Limoges en 2002 (image d'illustration).
L'usine Legrand de Limoges en 2002 (image d'illustration). — MICHEL GANGNE / AFP

Douze perquisitions ont été menées ce jeudi, notamment chez Legrand et Schneider Electric, dans une enquête sur des soupçons d’entente illicite sur les prix entre les principaux fabricants de matériels électriques français.

Cette information judiciaire pour « entente illicite, faux et usage de faux, abus de confiance, abus de biens sociaux, blanchiment de fraude fiscale, corruption d’agents privés et publics », a été ouverte le 7 juin par le parquet de Paris. Cette enquête fait suite à des signalements en avril de l’Autorité de la concurrence et de l’Agence française anticorruption. Les investigations ont été confiées à la Direction générale de la gendarmerie nationale.

Vendre moins cher que le prix d’achat

Début avril, Mediapart avait révélé « un mécanisme d’entente occulte sur les prix mis en place » par Schneider et Legrand ainsi que par leurs principaux clients, les distributeurs Sonepar et Rexel, les multinationales françaises qui dominent la fabrication et la distribution de matériel électrique.

Son principe ? L’industriel « fixe des prix de gros élevés, qui ne permettent pas à ces distributeurs de gagner correctement leur vie » et en contrepartie « l’industriel leur accorde, pour chaque marché, un "prix dérogé", c’est-à-dire une autorisation de vendre moins cher au client final », explique le site d’information. Puis le fabricant « verse de l’argent aux distributeurs, sous forme d’avoir, pour compenser leur perte de marge ».

« Nous avons été sollicités par les autorités judiciaires, nous les avons accueillies dans nos locaux et nous collaborons avec elles », a déclaré un porte-parole de Schneider Electric, géant français des services et équipements électriques. Contacté par l’AFP, Legrand n’a pas fait de commentaires.