VIDEO. Procès Booba-Kaaris: Douze mois de prison avec sursis requis contre «les petits-bourgeois du clash»

PROCES Les deux rappeurs Booba et Kaaris seront fixés sur leur sort par le tribunal correctionnel de Créteil (Val-de-Marne) le 9 octobre…

Vincent Vantighem

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Photomontage montrant les deux rappeurs français Kaaris (G) et Booba (D).
Photomontage montrant les deux rappeurs français Kaaris (G) et Booba (D). — Dominique Faget/Guillaume Baptiste/AFP
  • Booba, Kaaris et leurs proches se sont violemment battus à Orly le 1er août.
  • Les deux rappeurs ont été jugés pour violences aggravées jeudi à Créteil. Ils encourent une peine de dix ans de prison.
  • Le procureur a requis un an de prison avec sursis à leur encontre.

Les images ont fait le tour du monde. Mais Booba et Kaaris n’ont pas vu le même film. Jugés jeudi devant le tribunal correctionnel de Créteil (Val-de-Marne) avec neuf de leurs proches, les rappeurs ont, tous deux, nié être à l’origine de la violente rixe qui les a opposés, le 1er août, dans un hall d’embarquement de l’aéroport d’Orly, chaque artiste rejetant la faute sur l’autre.

Après plus de dix heures d’audience, le procureur a requis une peine de douze mois de prison avec sursis contre les deux rappeurs, se refusant de faire une différence entre les deux camps. « Ce qui est acquis au débat, c’est que [Booba] a porté le premier coup. Mais aussi que c’est [Kaaris] qui est allé à son contact pour engager l’altercation », a-t-il justifié les comparant à des « petits-bourgeois du clash ». « Des artistes qui n’assument pas (…) et offrent un spectacle indigne ». Vers 2h du matin, le tribunal de Créteil a finalement indiqué qu’il rendra son jugement le 9 octobre, après avoir permis à Booba de rejoindre sa famille installée à Miami (Etats-Unis).

« Pour se défendre »

Les rappeurs comme leurs proches ont tous reconnu les faits. Les coups de poing et de pied. Les jets de bonbons. Et même de flacons de parfum au milieu des vacanciers qui attendaient leur vol. « Mais, c’était uniquement pour se défendre », ont-ils expliqué, à la barre, tour à tour alors qu’ils étaient renvoyés devant la justice pour « violences aggravées » et « vols en réunion ». A l’encontre des neuf amis et proches des deux rappeurs, le procureur a requis des peines allant de six mois de prison avec sursis à huit mois de prison ferme pour ceux étant en état de récidive légale.

Pour Booba, c’était un « coup d’intimidation »

Un peu plus tôt, le tribunal avait passé plus de deux heures à décortiquer chaque image de vidéosurveillance pour y voir clair. Peine perdue… Quand Booba se présente à la barre, il reconnaît aisément qu’il s’attendait à une bagarre. Mais se défend d’en être à l’origine.

« Ce jour-là, je vois que [Kaaris] est dans l’aéroport. Je m’attends à une attaque vu qu’il a fait une vidéo où il promet de boire mon sang et de briser mes os. Moi, je cherche à aller prendre mon avion. Eventuellement, si je dois me battre, je me défendrais. Mais je ne vais pas à l’attaque… »

David-Olivier Kaminski, l’un des avocats de Kaaris, saute sur l’occasion. Elle semble trop belle. « Mais, le premier coup de pied, c’est bien vous qui le donnez, non ? », interroge-t-il. L’autoproclamé « Duc de Boulogne » aux 2,5 millions d’albums vendus ne se démonte pas. « Le premier coup, je ne le touche pas. C’est un coup d’intimidation, un coup sans conviction pour lui faire peur. Parce que je me suis senti encerclé… » Un homme dans le public ne résiste pas et lâche un « MDR » (mort de rire) aussi ironique que sonore dans le prétoire.

« Il m’a dit "Lève-toi salope !" »

Si Booba s’est senti encerclé, c’est donc que le clan de Kaaris a pris l’initiative de l’altercation ? D’autant que la présidente du tribunal a bien remarqué sur les vidéos que c’est lui qui est allé à la rencontre de Booba et non pas l’inverse. « J’étais assis, répond Kaaris. Il arrive et me dit "Lève toi salope !". Je me lève pour savoir pourquoi il a dit ça. J’étais choqué… », finit-il par reconnaître. Mais dans la foulée, il précise immédiatement : « Mais j’ai 38 ans et je n’ai jamais été violent… »

Le problème, c’est que les deux hommes sont des stars. Aux yeux des jeunes qui sont venus les soutenir au tribunal, tee-shirt à leur effigie sur le dos. Et surtout des enfants qui leur ont réclamé des autographes dans cet aéroport, quelques minutes avant qu’ils n’en viennent aux mains.

« Ce qui s’est passé, c’est pas bon… Je regrette, lâche finalement « K2A ». Je présente mes excuses à toutes les personnes qui ont été heurtées par les images. Mais ça fait cinq ans que ça dure cette histoire. Quand on voit les piques sur Internet qu’il lançait… »

Appelé à la barre juste après, Booba dédramatise sans pour autant faire part de quelconques regrets. « Sur les vidéos, c’est de la vanne. Même les hommes politiques se vannent entre eux »… Sauf qu’eux ne se battent pas dans les aéroports. Le jugement sera rendu le 9 octobre.

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