Courbevoie: Un animateur périscolaire jugé pour 15 viols et agressions sexuelles dans trois écoles

PROCES Arrêté en 2015, Edouard de B. a reconnu avoir agressé sexuellement une quinzaine d’enfants dans trois écoles différentes de Courbevoie…

Vincent Vantighem

— 

Illustration d'un couloir dans une école élémentaire.
Illustration d'un couloir dans une école élémentaire. — C. Allain / 20 Minutes
  • Edouard de B., animateur à Courbevoie, est jugé pour viols sur mineurs.
  • Âgé de 29 ans, il reconnaît les attouchements mais nie les viols.
  • Arrêté en 2015, il avait été maintenu en poste malgré deux signalements.
  • Il encourt une peine de vingt ans de réclusion criminelle.

Quand le juge l’a interrogé, Edouard de B. a expliqué avoir été « surpris » qu’on « [le] remette sur un travail avec des enfants » après ce qu’il s’était passé. « Mes parents disaient que c’était une erreur… » Âgé de 29 ans aujourd’hui, cet ancien animateur périscolaire de Courbevoie va comparaître devant la cour d’assises des Hauts-de-Seine, à partir de ce vendredi, pour deux viols et treize agressions sexuelles commis sur des enfants âgés de 5 à 8 ans.

Lorsqu’ils l’ont arrêté après un signalement effectué au sein de l’école du Logie, en octobre 2015, les enquêteurs ont vite compris qu’Edouard de B. avait, en réalité, déjà sévi, précédemment, dans deux autres établissements de Courbevoie où il s’occupait des petits avant et après la classe et pendant la pause déjeuner. Et aussi qu’il avait agressé deux bambins dont il avait la garde, en 2011 et 2012, en qualité de baby-sitter.

Il devait être surveillé pendant six mois mais ne l’a jamais été

Visé par un premier signalement en décembre 2012, Edouard de B. avait dans un premier temps été recadré par une simple lettre de sa hiérarchie après avoir minimisé les faits. Six mois plus tard, un autre enfant l’accuse à son tour. Après une suspension de quatre mois, la mairie de Courbevoie qui l’emploie au sein d’une structure baptisée Vacances Animation Loisirs (VAL) l’autorise finalement à reprendre le travail sans qu’aucune sanction administrative ne soit prise.

A l’époque, la directrice du VAL prévient l’animateur qu’il fera l’objet d’un protocole de surveillance strict pendant six mois. Mais cela n’est pas suivi d’effets. Lors de l’instruction, celle-ci a reconnu n’avoir pas « effectué une gestion efficace du dossier ». Car Edouard de B. récidive alors dans les toilettes et le gymnase de l’école où il est en poste.

L’accusé reconnaît les attouchements mais nie les viols

Interrogés lors d’une très vaste enquête, les enfants ont dénoncé majoritairement des faits d’attouchements sexuels perpétrés par-dessus leurs vêtements mais aussi des faits d’exhibition sexuelle et, pour certains d’entre eux, de viols. « On parle de fellations et d’une suspicion de sodomie, rappelle Sammy Jeanbart, l’avocat d’Edouard de B. S’il reconnaît les attouchements, mon client nie les faits de viols. Il sait qu’il a fauté. Il attend la sanction et demande simplement à être soigné. »

Trois ans après la révélation des faits, les parents des enfants attendent, eux, beaucoup plus de l’accusé mais aussi de la structure municipale qui l’employait à l’époque. « Les parents ont besoin de comprendre ce que l’accusé a exactement fait à leurs enfants. Il faut qu’il leur dise, explique Marie Grimaud, avocate de plusieurs familles. Et surtout de savoir pourquoi il n’a pas été suspendu plus tôt. Ils ont l’impression que le VAL de Courbevoie a servi leurs enfants sur un plateau d’argent à ce prédateur… »

Comme 20 Minutes le révélait en décembre 2017, cette question fait toujours aujourd’hui l’objet d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Nanterre pour « non dénonciation de crime sexuel ». Elle devrait s’enrichir des réponses qu’Edouard de B. pourra fournir à la cour d’assises pendant une semaine. Le verdict est attendu le 14 septembre. Il encourt une peine de vingt ans de réclusion criminelle.

>> A lire aussi : Un animateur de Courbevoie renvoyé aux assises pour viols ou agressions sexuelles sur 15 enfants

>> A lire aussi : Une enquête pour «non-dénonciation de crime sexuel» ouverte à Courbevoie