Lyon: Cinq militants d'extrême-droite jugés pour avoir poignardé deux lycéens qu'ils pensaient de gauche

PROCES L’audience devrait avoir une résonance toute particulière au moment où trois skinheads sont jugés à Paris pour la mort de Clément Méric…

C.G.

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Le palais de justice de Lyon Illustration.
Le palais de justice de Lyon Illustration. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • Cinq militants proches des groupuscules d’extrême droite seront jugés ce mercredi à Lyon.
  • Ils sont poursuivis pour avoir poignardé deux mineurs qu’ils assimilaient au mouvement antifasciste.

Une audience qui devrait avoir un écho tout particulier. Alors que trois skinheads sont actuellement jugés à Paris pour avoir causé en 2003 la mort de Clément Méric, militant antifasciste lors d’une bagarre, le tribunal de grande instance de Lyon va se pencher ce mercredi sur le cas de cinq militants d’extrême droite. Des jeunes gens proches des milieux identitaires, dont l’un d’entre eux aurait poignardé deux mineurs, le 14 février 2014.

Ce jour-là, cinq copains sont de sortie dans le Vieux-Lyon pour fêter un anniversaire. Ils se dirigent vers un bar lorsqu’ils se font insulter de « sales gauchos » par une dizaine de personnes, croisées sur les quais de Saône à hauteur de la gare de Saint-Paul.

« Intention de tuer »

Le petit groupe tente de fuir les coups et se dirige vers le Palais de justice avant de se faire rattraper. C’est là que l’un des poursuivants aurait sorti un couteau pour poignarder deux des cinq jeunes. La scène a été filmée par des caméras de vidéosurveillance.

L’un des mineurs est touché au dos. La lame s’enfonce à quelques centimètres de la moelle épinière. L’autre victime est touchée au poumon et subira l’équivalent de dix jours d’ITT.

« Ces graves blessures ne doivent pas être oubliées ni minorées. L’intention de blesser gravement ou de tuer était claire », estime le collectif Vigilance 69 contre l’extrême-droite, qui appelle à se rassembler à 9h30 devant le tribunal. Et de conclure : « Cette attaque s’inscrit dans une longue liste d’agressions imputables à des milieux d’extrême-droite lyonnais, dans une complaisance des pouvoirs publics qui laissent pignon sur rue à ces groupuscules ».