Belgique: Un prêtre accusé de ne pas être venu au secours d'un fidèle suicidaire

CONFESSION Le prêtre, âgé de 57 ans, a invoqué le secret professionnel en guise de défense…

20 Minutes avec agence

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Prêtre, illustration.
Prêtre, illustration. — FRANCOIS GUILLOT / AFP

Un prêtre était convoqué ce lundi devant le tribunal correctionnel de Bruges (Belgique). Il était accusé de ne pas être venu en aide à un homme qui lui avait annoncé sa volonté de mettre fin à ses jours, rapporte Focus WTV.

Les faits datent de 2015. Un homme souffrant de dépression contacte ce prêtre qu’il connaît depuis un moment. Au cours de trois appels et de nombreux SMS, il lui annonce son intention de se suicider. Le prêtre tente de l’en dissuader.

« Il aurait pu alerter la police »

Le lendemain, l’homme met fin à ses jours en s’étouffant dans sa voiture. Sa femme consulte alors son téléphone et retrouve les textos échangés avec le prêtre. « [Il] connaissait notre adresse, il aurait pu alerter la police mais il n’a rien fait », estime la veuve dans les colonnes de La Libre.

« Lorsque j’ai pris contact avec lui, il s’est réfugié derrière le secret de la confession et m’a dit qu’il avait tout fait pour convaincre mon mari de ne pas se suicider », poursuit-elle. « Mais le secret de la confession est-il à ce point sanctifié qu’on puisse mettre un être humain en danger ? Je ne conçois pas les choses de cette façon. »

Sa femme voulait le quitter

Devant le tribunal correctionnel, les débats ont essentiellement porté sur la justification du secret professionnel. « Il est du devoir de chacun d’aider une personne dans le besoin », a estimé le procureur. « Le prévenu aurait à tout le moins dû appeler la police ou avertir une tierce personne. »

Pour la défense, le prêtre a fait son devoir en répondant aux appels de détresse de l’homme, notamment à cause de problèmes conjugaux. « Je ne lui [à sa femme] reproche pas de le quitter, mais c’est difficile de blâmer quelqu’un qui voulait l’aider », a lâché l’avocat du prêtre.

Ce dernier a ainsi demandé l’acquittement de son client. Ce dernier risque jusqu’à un an de prison. Le verdict sera rendu le 1er octobre prochain.

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