Affaire Grégory: Murielle Bolle réclame la nullité de sa garde à vue de 1984

SAGA Murielle Bolle avait alors accusé son beau-frère, Bernard Laroche, du rapt de Grégory Villemin. Elle s’était ensuite rétractée…

20 Minutes avec AFP

— 

Murielle Bolle en 1993.
Murielle Bolle en 1993. — CHESNOT/SIPA

La Cour de cassation dira le 11 septembre si elle transmet la Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) de Murielle Bolle au Conseil constitutionnel.

Ce personnage clé de l’affaire Grégory conteste la validité de sa garde à vue de 1984 dans ce feuilleton judiciaire vieux de trois décennies. En mai, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Dijon avait déjà annulé pour des questions de procédure sa mise en examen pour le rapt mortel du petit garçon dans les Vosges il y a trente-quatre ans, comme celles des époux Jacob, grand-oncle et grand-tante de Grégory. Le parquet général entend redemander leur mise en examen au « moment opportun ».

 

La cour d’appel avait en revanche refusé d’annuler la garde à vue de Murielle Bolle, les 2 et 3 novembre 1984. Alors âgée de 15 ans, elle avait accusé son beau-frère Bernard Laroche d’avoir enlevé Grégory, avant de se rétracter. Laroche avait été incarcéré puis relâché avant d’être tué d’un coup de fusil par son cousin Jean-Marie Villemin, le père de l’enfant, en 1985.

Une garde à vue contraire à la déclaration de 1789 ?

Ses avocats avaient formé un pourvoi pour chercher, entre autres, à obtenir la nullité de cette garde à vue contraire selon eux, aux droits de l’adolescente qu’elle était. 

« La garde à vue de 1984 ne répondait pas aux exigences tant de la Déclaration des droits de l’homme de 1789 que de la Convention européenne des droits de l’homme », a déclaré l’avocat à l’AFP. « A ce titre, elle paraît contestable au regard des droits fondamentaux de Murielle Bolle, qui à l’époque, ont été méconnus », a-t-il poursuivi. En outre, « il existe aujourd’hui un certain nombre d’exigences comme le droit au silence ou l’assistance d’un avocat », a-t-il ajouté.

 

Arrestations retentissantes en 2017

Les hauts magistrats diront le 11 septembre s’ils la transmettent au Conseil constitutionnel. Les incidences de ce pourvoi demeurent incertaines, la cour d’appel de Dijon ayant jugé en mai que la mise en examen de Murielle Bolle ne résultait « pas des propos tenus en garde à vue mais d’éléments nouveaux ».

Au moment des arrestations retentissantes des époux Jacob et de Murielle Bolle en juin 2017, les enquêteurs avaient mis en avant de nouvelles expertises en écriture et une nouvelle analyse du dossier à l’aide d’un logiciel de la gendarmerie, Anacrim, pour étayer l’hypothèse d’un « acte collectif » avec Bernard Laroche.

>> A lire aussi : Netflix annonce une prochaine série documentaire sur l'affaire Grégory