Angoulême: «La honte de la profession», «une vraie boucherie»... Une dentiste roumaine jugée pour des actes de mutilation

SANTE La praticienne aurait notamment arraché des dents ou posé des couronnes, sans raison...

M.B.

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Illustration d'une consultation chez un dentiste.
Illustration d'une consultation chez un dentiste. — PHILIPPE MERLE / AFP

Trois ans de prison, dont deux avec sursis et mise à l’épreuve, une obligation d’indemniser les parties civiles, 5.000 euros d’amende et une interdiction d’exercer la profession de dentiste, ont été requis à l’encontre d’une dentiste roumaine, qui comparaissait lundi devant le tribunal correctionnel d’Angoulême pour des actes de mutilation à l’encontre de 22 de ses patients entre 2010 et 2012.

Elle est notamment accusée d’avoir arraché des dents, ou posé des couronnes, sans raison. Une avocate raconte : « Ma cliente a consulté pour une petite incisive qui la faisait souffrir. La dentiste a alors entrepris une réfection complète de la dentition. Seules quatre dents resteront intactes… » rapporte Sud Ouest.

Soupçonnée d’avoir facturé des actes fictifs

Il y a eu aussi ces bridges posés sur des dents non dévitalisées, provoquant de fortes douleurs. Ou encore une extraction de trois dents sans précaution, au point que le patient en fait un malaise… « Une vraie boucherie », s’étrangle une autre avocate, qui accuse la dentiste d’être « la honte de la profession ».

Même si un expert a conclu à des traitements « inutiles et non pertinents », à l’audience, l’accusée ne se démonte pas : « Chaque praticien a son diagnostic et administre son traitement », assure-t-elle. Le jugement sera rendu le 30 octobre. Le tribunal devra aussi se pencher sur des faits d’escroquerie : elle est soupçonnée d’avoir facturé quelque 80 actes fictifs, pour un montant de 18.400 euros.

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