Attaque au couteau à Trappes: Le profil psychologique perturbé de l'auteur se précise

FAIT DIVERS L'homme, âgé de 36 ans, a tué sa mère et sa soeur et grièvement blessé une passante, jeudi à Trappes...

20 Minutes avec AFP

— 

Des policiers à Trappes ont neutralisé un assaillant qui a tué deux femmes et blessé une troisième au couteau jeudi 23 août 2018.
Des policiers à Trappes ont neutralisé un assaillant qui a tué deux femmes et blessé une troisième au couteau jeudi 23 août 2018. — SIPA

Un «profil psychologique perturbé.» Moins d'une semaine après l'attaque au couteau à Trappes, dans les Yvelines, le portrait de l'agresseur se dessine peu à peu. Kamel S. a tué, jeudi, sa mère, 71 ans, ainsi que sa soeur, 49 ans, et blessé très grièvement une passante dans cette commune populaire à l'ouest de Paris. Cette dernière est toujours entre la vie et la mort. 

Si les faits ont été rapidement revendiqués par le groupe État Islamique, la justice a jusqu'ici estimé que le caractère terroriste de l'attaque n'était pas établi: le parquet antiterroriste n'a pas été saisi et une enquête a été ouverte au parquet de Versailles notamment pour «assassinat et tentative d'assassinat». «Les premières auditions de l'entourage (de Kamel S.) font état d'un profil psychologique, voire psychiatrique, perturbé», a précisé ce mardi une source au parquet, précisant que les «investigations techniques» sur le matériel informatique et la téléphonie se poursuivaient.

Fiché pour radicalisation islamiste

Alertées par le voisinage, les forces de l'ordre avaient retrouvé l'homme de 36 ans retranché dans le pavillon familial, criant de l'intérieur: «Allah Akbar, si vous rentrez je vous fume». Ressortant de la maison, il avait ensuite «refusé d'obtempérer» aux sommations des policiers qui ont fait feu. Chauffeur de bus, Kamel S. avait été licencié en octobre 2016 pour avoir violé l'obligation de neutralité liée à sa fonction.

Fiché pour radicalisation islamiste, une procédure pour apologie du terrorisme avait été engagée, mais finalement classée sans suite. Kamel S. avait une seule condamnation à son casier pour une désertion dans l'armée en 2003. Séparé de sa compagne et de ses trois enfants, il vivait chez sa mère à Trappes. Mais la famille connaissait des tensions autour de l'héritage paternel: Kamel S. avait déposé une plainte pour abus de confiance contre ses deux soeurs, classée sans suite en 2017, selon une source proche de l'enquête.