Affaire Tariq Ramadan: L'islamologue reste incarcéré en détention provisoire

JUSTICE Le rejet de la dernière demande de mise en liberté de l'islamologue suisse Tariq Ramadan, accusé de viols par plusieurs femmes et incarcéré en détention provisoire depuis le 2 février, a été confirmée par la cour d'appel de Paris...

20 Minutes avec AFP

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Tariq Ramadan reconnaît avoir eu une «relation» avec une de ses accusatrices qui a livré aux enquêteurs une robe tachée de sperme.
Tariq Ramadan reconnaît avoir eu une «relation» avec une de ses accusatrices qui a livré aux enquêteurs une robe tachée de sperme. — MEHDI FEDOUACH / AFP

La détention provisoire de Tariq Ramadan va se poursuivre : la deuxième demande de mise en liberté émise par l’intellectuel musulman, incarcéré à Fresnes depuis 6 mois pour des accusations de viols qu’il conteste vigoureusement, a été rejetée mercredi par la cour d’appel de Paris.

Après avoir vu sa première requête rejetée en mai, la défense de l’islamologue suisse de 55 ans, mis en examen le 2 février pour le viol présumé de deux femmes, avait déposé une nouvelle demande et proposait, outre la remise de son passeport suisse et une résidence sous contrôle judiciaire en région parisienne, de verser une caution de 300.000 euros.

Nouvelle confrontation prévue en septembre

Elle avait notamment invoqué son état de santé – Tariq Ramadan souffre d’une sclérose en plaques, dont le traitement a été jugé compatible avec son incarcération. Sa défense avait également souligné les « invraisemblances » des plaignantes peu après une confrontation avec sa première accusatrice, Henda Ayari, dont le témoignage sur le lieu et la date du viol présumé a été mis à mal par les investigations.

Après le rejet de cette demande, fin juillet, par les trois juges d’instruction en charge de l’enquête puis par le juge des libertés et de la détention, la défense de Tariq Ramadan a déposé un recours, rejeté mercredi par la chambre de l’instruction à huis clos et en son absence.

Pour justifier leur décision, les juges ont notamment invoqué le report au 18 septembre d’une confrontation prévue initialement le 18 juillet entre Tariq Ramadan et sa deuxième accusatrice, surnommée « Christelle », en raison de l’état de santé de cette-dernière.

Une autre plainte pour viol en Suisse

« Les juges ont refusé cette mise en liberté au motif de la défaillance opportune de la partie civile, qui agit délibérément pour maintenir artificiellement un motif de détention », a réagi maître Emmanuel Marsigny, avocat de l’islamologue. « Rendez-vous le 18 septembre, sauf si la partie civile se dérobe encore », a-t-il conclu.

Le théologien, accusé de viols par une troisième femme en France, Mounia Rabbouj, nie toute agression : il reconnaît avoir eu une relation extraconjugale avec Mounia Rabbouj, ancienne escort-girl et protagoniste du procès pour proxénétisme de l’hôtel Carlton aux côtés de l’ancien directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn.

En garde à vue, Tariq Ramadan, qui est également accusé de viol par une quatrième personne en Suisse, a reconnu avoir rencontré Henda Ayari et « Christelle » en public, une seule fois chacune, mais a nié tout rapport sexuel avec elles.