Caen: Un médecin soupçonné d'abus de faiblesse et de dérives sectaires

EMPRISE PSYCHOLOGIQUE Un médecin est accusé d’abus de faiblesse par d’anciens membres de son association Notre-Dame mère de la Lumière…

20 minutes avec agence

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Le médecin est convoqué le 2 octobre prochain devant le tribunal correctionnel de Caen. (illustration)
Le médecin est convoqué le 2 octobre prochain devant le tribunal correctionnel de Caen. (illustration) — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Un médecin urgentiste du Calvados, président de l’association Notre-Dame mère de la Lumière, est poursuivi pour abus de faiblesse ce dimanche. Il sera jugé le 2 octobre prochain devant le tribunal correctionnel de Caen.

Le trentenaire est accusé « d’abus frauduleux de l’ignorance ou de la faiblesse d’une personne, en maintenant la sujétion psychologique ou physique des participants ». Deux anciens membres de son association ont porté plainte, rapporte Actu.fr.

« Domination psychologique »

Les victimes présumées lui reprochent d’avoir exercé sur elles une « domination psychologique » et d’avoir « coupé les membres de la communauté de leur entourage familial et amical ». Les faits se seraient déroulés entre septembre 2011 et juin 2018.

Un premier signalement avait été fait auprès de la police en avril 2016 par l’association pour la défense des familles et de l’individu (ADFI), inquiète d’éventuelles dérives sectaires. L’enquête avait recueilli les témoignages d’anciens membres de l’association.

Deux ans d’enquête

Pendant les deux ans d’enquête, le médecin urgentiste, âgé de 30 ans, a été placé en garde à vue à deux reprises avant d’être finalement placé sous contrôle judiciaire.

En parallèle, une « enquête canonique » avait été ordonnée par l’évêque de Bayeux-Lisieux. En janvier 2017, l’évêque a décidé de retirer sa lettre de mission à l’association.

Il nie les faits

Le suspect continue de nier les faits et se dit « profondément choqué » par la situation. « J’ai une foi convaincue et enracinée », a déclaré le médecin. « J’ai hâte de pouvoir m’exprimer au procès car ce qui me peine, c’est d’être en prison avant d’être jugé. »

L’avocat du trentenaire déplore que son client soit traité comme « un vulgaire gourou de secte ». Le tribunal a interdit le prévenu de fréquenter les membres de l’association ainsi que les deux logements de la communauté.

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