Affaire Benalla: Armes non déclarées, tenue de policier… Ce que révèle l’enquête judiciaire

ENQUETE «Le Monde» s'est procuré des extraits des gardes à vue d’Alexandre Benalla, de Vincent Crase et des trois policiers...

H. B.

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Alexandre Benalla aux côtés d'Emmanuel Macron.
Alexandre Benalla aux côtés d'Emmanuel Macron. — Christophe Ena/AP/SIPA

Nouvelles révélations dans l’affaire Benalla. Le journal Le Monde a dévoilé ce mercredi des extraits recueillis lors des gardes à vue d’Alexandre Benalla, de Vincent Crase et des trois policiers soupçonnés d’avoir transmis au chargé de mission un CD avec les images de vidéosurveillance des violences commises le 1er mai dernier.

Il en ressort de nouveaux éléments sur l’enchaînement des faits et les responsabilités des différents protagonistes de l’affaire. Problème de dates, volonté de « protéger » le directeur de cabinet de l’Elysée…, 20 Minutes fait le point sur ces nouvelles révélations.

L’Elysée prévenu dès le 1er mai ? Lors de son audition devant les juges, Alexandre Benalla a mis à mal la version officielle de l’Elysée. Après avoir appris l’existence d’une vidéo et sa diffusion sur les réseaux sociaux, Alexandre Benalla assure avoir immédiatement prévenu l’Elysée dès le 1er mai au soir. Or cette version contredit celles d’ Alexis Kohler, secrétaire général de l’Elysée et Patrick Strzoda, directeur de cabinet, qui assurent n’avoir été mis au courant que le 2 mai.

« Il faut protéger » Patrick Strzoda. Après s’être vu notifier le 3 mai sa sanction de mise à pied de quinze jours, Alexandre Benalla raconte également que la responsable des ressources humaines de l’Elysée a voulu lui faire signer un document dans lequel il reconnaissait les faits. Mais Benalla a refusé au motif que ce « n’était pas la réalité ». « Elle m’a alors dit que cette décision était au nom du directeur de cabinet (Patrick Strzoda) et qu’il fallait le protéger, de la même façon que le préfet de police ». Alexandre Benalla a fini par signer le courrier après avoir fait modifier le texte.

Un « déguisement » de capitaine de police. En plus du brassard de police, du casque et de l’équipement radio, Alexandre Benalla s’était également fait prêter par la préfecture… la tenue d’un capitaine de police. C’est Vincent Crase qui, lorsqu’il retrouve Alexandre Benalla le matin du 1er mai, lui déconseille de la mettre car cela fait un peu « too much ». « Monsieur Benalla n’était pas policier », a expliqué Vincent Crase devant la justice. « C’était de l’ordre du déguisement. »

Trois pistolets non déclarés chez LREM ? Dans les extraits des autres personnes mises en examen, on apprend également que Vincent Crase a avoué avoir porté une arme sur lui le 1er-Mai. Le chargé de sécurité salarié de LREM révèle également la présence de trois pistolets Glock non déclarés dans les locaux du parti, des armes qui appartiennent à LREM et sont « réservées pour la défense du site ».

Joint par L'Obs, Christophe Castaner a démenti ces informations. « Ce ne sont pas des informations et à ma connaissance aucune 'arme non déclarée' ne se trouve dans les locaux d’En Marche. Il n’y a d’ailleurs pas eu de perquisition, mais un déplacement de la police judiciaire dans le cadre de l’enquête. Et il n’y a eu aucune saisie dans ce cadre. »