Calais: Sur l'accueil des migrants, le tribunal ménage associations et préfet

JUSTICE Le tribunal administratif de Lille avait été saisi par un collectif d’associations qui dénonçait des mesures insuffisantes pour accueillir les migrants à Calais…

Mikael Libert

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Illustration justice.
Illustration justice. — M.LIBERT/20 MINUTES

L’histoire de la chèvre et du chou. Mardi dernier, le tribunal administratif de Lille examinait une requête déposée en référé par plusieurs associations venant en aide à la population de migrants présents à Calais. Elles réclamaient, entre autres, davantage de points d’eau et de sanitaires.

Le jour même de l’audience au tribunal, les requérants avaient découvert, dans un mémoire en défense déposé par la préfecture du Pas-de-Calais, de nouvelles dispositions pour les migrants de Calais. Les avocats des associations avaient bien été obligés de reconnaître « des avancées » qui « allaient dans le sens » de leurs demandes tout en émettant « des réserves » jusqu’à la mise en œuvre effective desdites mesures.

Des latrines à construire dans les dix jours

Entre autres choses, les associations exigeaient l’installation de « points d’eau à une distance inférieure à 100m des lieux de vie », de matériel pour laver les vêtements, de douches ouvertes jour et nuit ou encore de toilettes près des camps.

Pourtant, dès la fin de l’audience, la magistrate avait souligné l’urgence d’une seule des neuf requêtes : le manque de latrines à proximité de l’un des camps. C’est logiquement ce qui ressort de la décision rendue, ce mardi, par le tribunal administratif de Lille : « Il est enjoint au préfet du Pas-de-Calais de mettre en place à destination des campements du secteur Est, un nouveau point d’accès aux latrines ». La réalisation de cet équipement devra débuter au plus tard le 10 août.

Pour le reste, le tribunal juge que les mesures, effectives ou à venir, ne permettent pas « de caractériser une atteinte manifeste à une liberté fondamentale ». Les requérants sont donc déboutés sur ces points.