Affaire Benalla: L'Elysée a menti, l'ex-collaborateur d'Emmanuel Macron a touché son «salaire intégral» en mai

ENQUETE Patrick Strzoda, directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, l’a reconnu, ce mercredi devant la commission d’enquête au Sénat…

Vincent Vantighem

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Alexandre Benalla et Emmanuel Macron, le 17 avril 2017.
Alexandre Benalla et Emmanuel Macron, le 17 avril 2017. — STEPHANE ALLAMAN/SIPA

Un peu ennuyé, Patrick Strzoda a fini par le reconnaître. Entendu, ce mercredi après-midi par la commission d’enquête du Sénat, le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron a admis qu’Alexandre Benalla avait touché l’intégralité de son salaire en mai, en dépit de la sanction de suspension de 15 jours qu’il avait prise à son encontre.

« M. Benalla a touché, pour le mois de mai, son salaire intégral. En revanche, les quinze jours de suspension feront l’objet d’une retenue sur les droits à congés qu’il avait, en reliquat, au titre de l’année 2017. (…) Dans son solde avant licenciement, ces congés ne seront pas payés. »

Le porte-parole de l’Elysée a menti

Patrick Strzoda oublie cependant de préciser que l’Elysée n’a pris la décision de licencier Alexandre Benalla que dans un second temps, quand ses responsables se sont aperçus qu’il avait récupéré les vidéos des événements auprès de membres de la Préfecture de police. Autrement dit, s’il n’avait pas été licencié, Alexandre Benalla aurait été suspendu durant quinze jours, tout en bénéficiant de l’intégralité de son salaire.

Au surplus, l’aveu de Patrick Strzoda devant la commission d’enquête permet aussi de se rendre compte que Bruno Roger-Petit, porte-parole de l’Élysée, a menti devant les journalistes lors de sa conférence de presse du 19 juillet, successive aux révélations du Monde. Celui-ci avait en effet indiqué qu’Alexandre Benalla avait été « mis à pied pendant quinze jours avec suspension de salaire »…

Au moment où il a prononcé cette phrase, Alexandre Benalla n’avait pas encore été licencié. Son solde n’avait donc fait l’objet d’aucune retenue…

Mardi, lors de sa première audition devant la commission des Lois de l'Assemblée nationale, Patrick Strzoda avait évoqué une « suspension de quinze jours sans traitement ».

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