Nice: Le parquet fait appel de la relaxe d'une bénévole pour l'aide à l'entrée de migrants

JUSTICE Le parquet de Nice a fait appel du jugement de relaxe prononcé au bénéfice d’une militante pour aide à l’entrée de migrants…

Adrien Max

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Martine Landry, membre de l'Anafé et d'Amnesty International à Menton le 16 décembre 2017 est poursuivie pour "délit de solidarité".
Martine Landry, membre de l'Anafé et d'Amnesty International à Menton le 16 décembre 2017 est poursuivie pour "délit de solidarité". — AFP
  • Le tribunal avait relaxé Martine Landry, une militante d’Amnesty International pour l’aide à l’entrée d’étrangers en situation irrégulière.
  • Mais le parquet de Nice a décidé de faire appel de cette décision.

L’histoire n’est peut-être pas finie pour Martine Landry. Alors que cette bénévole d’Amnesty International à Nice avait été relaxée pour l’aide à l’entrée d’étrangers en situation irrégulière le 13 juillet dernier, le parquet de Nice a fait appel de cette décision.

La justice reproche à Martine Landry, d’avoir, le 28 juillet 2017, convoyé à pied, depuis le poste frontière italien de Vintimille jusqu’à celui de Menton côté français, deux mineurs guinéens en situation irrégulière. Des faits susceptibles d’être qualifiés d’aide à l’entrée pouvant valoir jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende. L’intéressée conteste les faits, indiquant avoir attendu les deux mineurs côté français.

« Une action fraternelle dans un but humanitaire »

Dans son jugement, le tribunal avait indiqué que « la preuve de la matérialité du franchissement de la frontière » par la prévenue n’avait « pas été rapportée ». « Elle n’a à aucun moment cherché à se soustraire à la loi, s’inscrivant au contraire dans le respect du droit », avait également souligné la présidente du tribunal, évoquant « une action fraternelle dans un but humanitaire », avant de la relaxer.

Me Mireille Damiano, l’avocate de Martine Landry, a fait part à l’AFP de sa « sérénité », rappelant qu’à l’audience « le substitut du procureur lui-même avait requis la relaxe ». « On était serein en première instance, on le sera d’autant plus en appel que la décision du Conseil constitutionnel du 6 juillet est un marqueur fort », a souligné l’avocate, faisant référence à la décision des Sages de donner une valeur constitutionnelle à la notion de fraternité.

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