Affaire Ramadan: De nouvelles investigations affaiblissent la version d'une des plaignantes

JUSTICE Lors de la confrontation organisée ce jeudi entre Tariq Ramadan et Henda Ayari, la plaignante a reconnu ne plus se souvenir de la date du viol dont elle accuse l’islamologue, affirme son avocat…

Caroline Politi et Vincent Vantighem

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Henda Ayari, première plaignante contre Tariq Ramadan, le 24 novembre 2017.
Henda Ayari, première plaignante contre Tariq Ramadan, le 24 novembre 2017. — JOEL SAGET / AFP
  • Une confrontation était organisée ce jeudi entre Henda Ayari et Tariq Ramadan.
  • Elle maintient avoir été victime de viol mais affirme ne plus se souvenir de la date et du lieu.
  • L'avocat de Tariq Ramadan compte déposer une nouvelle demande de remise en liberté. 

L’ambiance était « calme » mais chacun est resté campé sur ses positions. Ce jeudi matin, près de dix mois après le début de l’affaire « Tariq Ramadan », une confrontation était organisée entre le prédicateur musulman et Henda Ayari, qui fut la première à porter plainte. Si l’ancienne salafiste devenue militante féministe a maintenu avoir été violée par Tariq Ramadan, son témoignage a été affaibli par les dernières investigations et ses erreurs répétées sur la date présumée du viol.

« Un grand classique »

Le 26 mai 2012, jour où Henda Ayari affirme avoir été violée par le prédicateur musulman, elle se trouvait en réalité au mariage de son frère cadet dans les environs de Rouen, révèle ce jeudi Le Point. L’hebdomadaire affirme que les enquêteurs de la brigade criminelle, en charge de l’enquête, sont en possession de plusieurs photographies où elle apparaît effectivement à la cérémonie.

Son avocat, Francis Szpiner, ne nie pas cette « erreur » de sa cliente mais, à ses yeux, cette confusion ne fragilise en rien son témoignage. « Dès le début de l’affaire, elle a indiqué ne plus se souvenir précisément de la date et de l’hôtel dans lequel avait eu le viol », a-t-il confié au sortir de cette confrontation. Et d’assurer que ce type d’oubli est « un grand classique » chez les victimes d’événement traumatique. 

« Il n’y a plus de dossier Ayari »

Reste qu’Henda Ayari avait déjà sensiblement modifié son témoignage à la mi-mai lors d’une audition devant les juges d’instruction. Dans sa plainte d’octobre 2017, elle assurait avoir été violée par l’islamologue fin mars-début avril 2012 dans l’hôtel Holiday Inn près de la gare de l’Est, à Paris. Fin mai, aux magistrats, elle a indiqué que le viol avait eu lieu le 26 mai 2012 au Crowne Plaza Hotel vers la place de la République. Sur Twitter, la militante féministe avait alors justifié que cette évolution est due à de « longues recherches » qui lui auraient permis de retrouver « des éléments importants », notamment des talons de chèques, notes et relevés de compte, lui permettant de préciser ses accusations. L'enquête a néanmoins permis de montrer que Tariq Ramadan avait bien fait une réservation dans cet hôtel avant de l'annuler. 

De son côté, le théologien, qui a toujours nié les viols, affirme avoir rencontré une seule fois la plaignante au Parc des expositions du Bourget après une de ses conférences. « Sa parole est totalement décrédibilisée. Il n’y a plus de dossier Ayari », estime le conseil de l’islamologue, Emmanuel Marsigny. L’avocat a annoncé qu’il allait déposer une nouvelle demande de remise en liberté dans la soirée. « Je ne comprendrais pas qu’il n’y soit pas fait droit au vu de l’évolution du dossier. » Dans ce dossier, Tariq Ramadan est mis en examen pour viol à l’encontre de deux femmes, Henda Ayari et Christelle*.

 

* Le prénom a été modifié