Merah: La justice dédouane les agents du renseignement chargés de sa surveillance

DJIHADISME Le conseil d’Etat a débouté mercredi la famille d’Abel Chennouf, un des militaires tué par Merah qui demandait la reconnaissance d’une faute lourde dans la surveillance du djihadiste…

20 Minutes avec AFP

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Abel Chennouf, l'une des victimes de Mohamed Merah.
Abel Chennouf, l'une des victimes de Mohamed Merah. — Pascal Pavani AFP

Dans l’affaire Merah, « les agents de la direction centrale du renseignement intérieur (…) ont été induits en erreur par l’attitude dissimulatrice" du djihadiste. C’est la conviction des magistrats du Conseil d'Etat qui ont rejeté mercredi la demande d’indemnisation de la famille du caporal-chef Abel Chennouf.

Ce militaire a été assassiné par le «tueur au scooter» devant sa caserne de Montauban le 15 mars 2012. Depuis, sa famille - et plus particulièrement son père, Albert Chennouf - se bat pour faire reconnaître la responsabilité de l’Etat dans les tueries de Merah. Elle estime notamment que les services de renseignements ont mal évalué la dangerosité du djihadiste quand ils l’ont interrogé le 11 novembre 2011 à son retour du Pakistan.

Le Fonds d’indemnisation de garantie des victimes d’actes de terrorisme et d’autres infractions (FGTI) s’était joint à la procédure pour obtenir de l’Etat le remboursement des sommes versées aux proches des victimes.

Il était radicalisé et méfiant mais ça n’a pas suffi

Dans un premier temps, le tribunal administratif de Nîmes, où habite la famille Chennouf, a donné raison aux plaignants. Mais la cour administrative d’appel de Marseille a infirmé sa décision, tout comme le Conseil d’Etat aujourd’hui, qui intervenait en cassation.

Pour la justice désormais, si « l’enquête dont Mohamed Merah avait fait l’objet au premier semestre 2001 (…) avait mis en évidence le profil radicalisé de l’intéressé et son comportement méfiant, (elle) n’avait pas permis de recueillir des indices suffisamment sérieux d’infraction en lien avec des actes terroristes de nature à justifier l’ouverture d’une information judiciaire ».

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