Martine Landry, membre de l'Anafé et d'Amnesty International à Menton le 16 décembre 2017 est poursuivie pour "délit de solidarité".
Martine Landry, membre de l'Anafé et d'Amnesty International à Menton le 16 décembre 2017 est poursuivie pour "délit de solidarité". — AFP

FRONTIERE

Nice: «Un sacré réconfort», la responsable d'Amnesty International Martine Landry est relaxée

La justice reprochait à Martine Landry d’avoir « convoyé pédestrement » deux mineurs entre le panneau France et le poste frontière français en juillet 2017…

  • « Il ne peut être soutenu que Mme Landry ait participé à un montage intellectuel, informatique et juridique facilitant l’entrée sur le territoire, a expliqué la présidente Laurie Duca ce vendredi après-midi au palais de justice de Nice.
  • « Je suis très heureuse de ce qui se passe aujourd’hui. J’ai eu raison de faire confiance à la justice », a réagi Martine Landry.

« Très émue » et ayant « surtout envie de pleurer », Martine Landry est sorti du tribunal correctionnel de Nice relaxée. La justice reprochait à la responsable niçoise d’ Amnesty international d’avoir, en juillet 2017, « convoyé pédestrement » deux mineurs entre le panneau France et le poste frontière français. Selon elle, ces deux Guinéens, qui étaient passés par le domicile de Cédric Herrou, devaient être pris en charge par les autorités françaises. Pour l’accusation, elle les a aidés à entrer sur le territoire français.

« Il ne peut être soutenu que Mme Landry ait participé à un montage intellectuel, informatique et juridique facilitant l’entrée sur le territoire, a expliqué la présidente Laurie Duca ce vendredi après-midi au palais de justice de Nice. Elle s’inscrit ainsi dans le cadre de la loi (…) avec une action fraternelle à but humanitaire. » 20 Minutes a recueilli les premières réactions de Martine Landry.

C’est un soulagement ?

Je suis très heureuse de ce qui se passe aujourd’hui. J’ai eu raison de faire confiance à la justice.

Ce jugement est-il de bon augure pour les autres militants poursuivis ?

J’espère bien que c’est encourageant pour les autres militants. Je crois surtout que ce qu’a dit le Conseil constitutionnel est très important [le Conseil constitutionnel a consacre le principe de fraternité début juillet]. Le mot fraternité a d’ailleurs été prononcé dans ce délibéré-là : une action fraternelle.

C’est la victoire de la solidarité ?

Pour moi c’est très important car, quand je suis sur le terrain, entre Vintimille et Menton, je parle à tous ces jeunes. Je connais leur histoire. Et évidemment, il y a de la fraternité. C’est très important. C’est ça qui motive l’action, c’est ça qui donne envie de faire respecter la justice et de se lever contre le fait que le droit ne soit pas respecté à cette frontière.

Est-ce un symbole fort envoyé par la justice ?

Ce qui est important c’est ce qui a été prononcé. Le mot fraternité, le mot solidarité. Toutes ces choses-là ont été prononcées par un juge et ça, c’est un sacré réconfort.

Que deviennent les deux jeunes que vous avez aidés ?

Il y a en a un qui est au CIV (Centre international de Valbonne). Et l’autre est en région parisienne.

Allez-vous continuer à vous occuper des mineurs ?

On ne lâche pas des mineurs comme ça. Quand on les connaît, qu’on sait qu’on peut faire quelque chose, bien sûr qu’on va continuer.

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