Jean-Vincent Placé jugé ce mercredi après une soirée alcoolisée et mouvementée dans un bar

PROCES L’ancien sénateur comparaît ce mercredi pour violence, injures à caractère racial et outrage à agents…

C.Po.

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Jean-Vincent Placé le 24 octobre 2016.
Jean-Vincent Placé le 24 octobre 2016. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA
  • Le 5 avril dernier, Jean-Vincent Placé a été interpellé en état d’ébriété à la sortie d’un bar puis placé en garde à vue.
  • « Il a eu des maladresses et n’a pas bien réagi lors de son interpellation mais beaucoup de choses, fausses ou exagérées, ont été dites », assure l’un de ses avocats, Me Kiril Bougartchev.

C’est un retour sur le devant de la scène médiatique dont il se serait probablement bien passé. Ce mercredi, Jean-Vincent Placé comparaît devant la 10e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour « violence, injures à caractère racial et outrage à agents ». Dans la nuit du 4 au 5 avril, l’ancien secrétaire d’Etat avait été interpellé ivre à la sortie d’un bar du quartier latin à Paris dont il venait d’être expulsé. « Il est assez serein et a hâte d’enfin pouvoir s’expliquer sur cette fameuse soirée. Il a eu des maladresses et n’a pas bien réagi lors de son interpellation mais beaucoup de choses, fausses ou exagérées, ont été dites », assure l’un de ses avocats, Me Kiril Bougartchev.

Ce soir-là, l’homme politique avait passé la soirée rue Princesse, dans un bar-boîte de nuit avec un ami sénateur qui n’a pas été mis en cause dans cette affaire. Lors de sa garde à vue, Jean-Vincent Placé a raconté avoir entrepris une discussion avec au moins deux jeunes femmes. « On leur avait proposé de leur payer des verres mais on a dû être insistants car ça s’est mal passé. » Le récit livré par l’une d’elle aux policiers est bien différent. Selon elle, l’homme politique s’est énervé parce qu’elle a refusé de danser avec lui. Il lui aurait alors violemment saisi le bras et lui aurait lancé « Vas-y, je te paye ». Jean-Vincent Placé nie toute violence à son encontre tout comme il assure n’avoir jamais proposé de la rémunérer.

« On n’est pas au Maghreb ici »

Il est également reproché à Jean-Vincent Placé, dont l’alcoolémie a été mesurée à 2,3 g d’alcool par litre de sang, d’avoir proféré des injures racistes à l’encontre du portier de l’établissement qui s’est interposé. Selon le récit de ce dernier, le conseiller régional d’Ile-de-France lui aurait dit : « On n’est pas au Maghreb ici, tu sais pas qui je suis, je vais te descendre en Afrique » ou encore « On n’est pas à Ouagadougou, Ryanair fait des promotions ». L’homme politique a reconnu avoir prononcé « on n’est pas au Maghreb ici » mais assure n’avoir jamais tenu les autres propos que le portier lui a prêtés.

« Personne d’autre que lui n’a entendu Jean-Vincent Placé dire ces propos. Croire que Jean-Vincent Placé est raciste, c’est bien mal connaître son histoire », assure Me Kiril Bougartchev, rappelant qu’il est le parrain du cercle Eugène Delacroix, une association d’élus français d’origine marocaine. Selon le conseil, ces propos « maladroits » étaient une manière pour son client d’insister sur une différence culturelle sur la manière d’aborder les femmes en France et au Maghreb. Jean-Vincent Placé assure également, par la voix de son avocat, avoir été violemment giflé par le portier.

« Espèce de tocards »

A la sortie du bar, l’homme politique aurait enfin insulté une équipe de policiers en les traitant notamment de « tocards ». « Vous ne savez pas qui je suis ? », leur aurait-il déclaré au moment de son interpellation. « Il a très mal réagi et il le sait, il s’en est excusé, mais il venait d’être molesté [par le videur] et c’est lui qui est interpellé. » Il encourt jusqu’à trois ans de prison.