Condamné pour injures à policiers, Jawad Bendaoud portera un bracelet électronique

JUSTICE Le logeur de deux djihadistes du 13-Novembre ne passera que cinq jours en prison...

20 Minutes avec AFP

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Jawad Bendaoud devant le tribunal de Bobigny, le 25 avril 2018.
Jawad Bendaoud devant le tribunal de Bobigny, le 25 avril 2018. — Alain JOCARD / AFP

Ses ennuis avec la justice continuent. Jawad Bendaoud, le logeur de deux djihadistes du 13-Novembre, a été condamné vendredi à Bobigny à huit mois de prison pour avoir injurié des policiers à Saint-Denis, une peine qu’il effectuera avec un bracelet électronique.

Le tribunal a précisé qu’il allait toutefois aller en prison pendant cinq jours, le temps que la surveillance électronique soit mise en place. Le parquet avait requis six de prison ferme avec placement en détention. La présidente a expliqué que le tribunal avait voulu le « sanctionner » sans le « renvoyer en prison pour essayer de casser cette spirale ».

« Je vais péter les plombs »

Détenu 27 mois à l’isolement avant d’être relaxé en février dans le dossier du 13-Novembre, habitué des tribunaux et des coups d’éclat, Jawad Bendaoud a accueilli ce jugement avec un mélange de soulagement et d’appréhension. « Même en cellule pour cinq jours, je vais péter les plombs », a dit l’homme de 31 ans, barbe soignée et t-shirt rose.

Son avocat Xavier Nogueras s’est dit « satisfait » qu’il « évite une détention extrêmement néfaste dans l’état psychologique dans lequel il se trouve », estimant que l’issue pour lui était « médicale et non carcérale ». « Vous devez voir un psychiatre dans les plus brefs délais », a aussi souligné la présidente. Jawad Bendaoud était jugé en comparution immédiate pour outrages à deux policiers et usage de stupéfiants le 4 juillet à Saint-Denis.

« J’ai merdé, madame »

La scène a eu lieu rue du Corbillon, celle-là même où il avait fourni un squat aux djihadistes. Alors qu’un vendeur de crack était interpellé, il est intervenu, a commencé à filmer, haranguer les passants et fini par insulter copieusement les fonctionnaires – ce qu’il a continué à faire pendant sa garde à vue. A l’audience, il a présenté ses excuses aux deux policiers, expliquant qu’il avait « perdu les pédales » après qu’un autre policier l’eut traité de « grosse merde ». « J’ai merdé, Madame », a-t-il déclaré à la juge, se disant « déréglé » depuis sa sortie de prison « en 15 minutes », après 27 mois à l’isolement.

Il a rappelé qu’il avait fait une « crise de démence » il y a quelques semaines et « tout cassé » dans son logement actuel à Saint-Denis. Jawad Bendaoud avait accédé à la notoriété le 18 novembre 2015 quand il s’était maladroitement défendu devant les caméras de télévision, quelques jours après les attentats de Paris et de Saint-Denis. Il a été relaxé en février du chef de « recel de malfaiteurs terroristes » par le tribunal correctionnel de Paris. Il sera rejugé à partir du 21 novembre : le parquet, qui avait requis quatre ans de prison ferme à son encontre, a fait appel.

 

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