Agression antisémite à Créteil en 2014: De 8 à 16 ans de réclusion pour les auteurs

JUSTICE Trois hommes ont été condamnés pour l'agression ultra-violente d'un jeune couple, et l'un deux a été reconnu coupable de viol...

20 Minutes avec AFP

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Le tribunal de Créteil (Val-de-Marne).
Le tribunal de Créteil (Val-de-Marne). — DUPUY FLORENT/SIPA

La justice a retenu la qualification antisémite. Les agresseurs d’un juif et de sa compagne, violée lors d’un violent cambriolage à Créteil en 2014, ont été condamnés vendredi à des peines allant jusqu’à 16 ans de réclusion par la cour d’assises du Val-de-Marne

Droits dans le box, Abdou Salam Koita, 26 ans, et Ladje Haidara, 23 ans et reconnu coupable du viol, écoutent le verdict sans ciller. Le troisième agresseur, Houssame Hatri, 22 ans, auteur selon les victimes des propos haineux tenus pendant le cambriolage, est en fuite. Tous trois ont été condamnés à respectivement 8, 13 et 16 ans de réclusion criminelle, des peines moins sévères que celles demandées par l'avocate générale (10, pas inférieure à 15, et 20 ans). Deux complices, jugés en même temps devant les assises du Val-de-Marne, écopent de cinq et six ans de prison. Ils ont dix jours pour faire appel.

« Les juifs, ça met pas l’argent à la banque »

Les faits remontent au 1er décembre 2014. Laurine et Jonathan, alors âgés de 19 et 21 ans, se trouvent seuls dans l’appartement familial lorsqu’un homme sonne à la porte. A peine la jeune femme a-t-elle ouvert que trois individus cagoulés et armés s’y engouffrent. Chaque pièce est fouillée de fond en comble à la recherche d’argent, Jonathan frappé à plusieurs reprises. « Les juifs, ça met pas l’argent à la banque », assène l’un des agresseurs. Ils affirment savoir que la famille est de confession juive car ils ont vu le père de Jonathan se rendre à la synagogue avec un « truc sur la tête » (une kippa).

Le jeune homme est ligoté, menacé avec le canon d’un pistolet dans la bouche, tandis que sa compagne est emmenée dans une chambre où l’un des accusés lui fait subir un viol digital. Le montant du butin est dérisoire au regard du déchaînement de violence : 55 euros en liquide, 480 euros extorqués sur le compte de Jonathan, deux portables, quelques bijoux et du matériel informatique.

 

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