Près de 40 ans après, les victimes de l’attentat de la rue Copernic espèrent toujours un procès

TERRORISME La cour d’appel de Paris dira, ce vendredi, si elle confirme ou non le non-lieu rendu, en janvier, en faveur d’Hassan Diab, l’unique suspect de cet attentat qui a fait quatre morts en 1980…

V.V. avec AFP

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Photographie d'archives de la rue Copernic à Paris le 3 octobre 1980 après un attentat à la bombe devant une synagogue
Photographie d'archives de la rue Copernic à Paris le 3 octobre 1980 après un attentat à la bombe devant une synagogue — STF AFP
  • L’explosion d’une bombe a fait 4 morts, rue Copernic, en 1980.
  • Hassan Diab, l’unique suspect, a bénéficié d’un non-lieu en janvier.
  • La cour d’appel de Paris doit confirmer ou infirmer ce non-lieu, ce vendredi.

 

Certaines victimes ont cessé d’y croire. D’autres espèrent encore qu’il y ait un procès un jour. Près de quarante ans après l’attentat de la rue Copernic, la cour d’appel de Paris dira, vendredi matin, si elle confirme ou non le non-lieu rendu en janvier en faveur d’Hassan Diab, l’unique suspect de cette attaque à la bombe qui avait fait quatre morts et une quarantaine de blessés devant une synagogue. Perpétré en plein Paris, le 3 octobre 1980, cet attentat avait été le premier à avoir frappé mortellement la communauté juive depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Jamais revendiquée, l’attaque avait été rapidement attribuée par les enquêteurs au Front populaire de libération de la Palestine – Opérations spéciales (FDLP-OS). En 1999, les renseignements français avaient fini par mettre le nom d’Hassan Diab sur le principal suspect de cet attetnat.

Hassan Diab, principal suspect de l'attentat de la rue Copernic, le 24 mai 2016 à Paris.
Hassan Diab, principal suspect de l'attentat de la rue Copernic, le 24 mai 2016 à Paris. - BERTRAND GUAY / AFP

Hassan Diab se trouvait-il au Liban au moment de l’attentat ?

Mais près de 20 ans plus tard, au terme d’un bras de fer entre le parquet et les juges d’instruction, ces derniers ont finalement rendu, le 12 janvier, une ordonnance de non-lieu, estimant que les charges n’étaient « pas suffisamment probantes » pour renvoyer ce Libano-Canadien de 64 ans devant une cour d’assises.

« Un certain nombre d’éléments (…) permettent d’estimer qu’Hassan Diab se trouvait vraisemblablement au Liban pendant cette période » et ne pouvait donc ni avoir confectionné ni posé l’engin explosif, caché sur une moto dans la rue Copernic, relevaient notamment les magistrats instructeurs. Le parquet de Paris, qui avait requis son renvoi aux assises, avait immédiatement fait appel, estimant que les « éléments à charge et à décharge » devraient être débattus lors d’un procès.

« On l’avait en France et on l’a libéré… »

Mais l’appel n’étant pas suspensif, Hassan Diab avait été remis en liberté, après avoir passé plus de trois ans en détention provisoire. Il est depuis reparti au Canada. « On l’avait en France et on l’a libéré, regrette Patricia Bardé, l’une des victimes qui se bat toujours pour obtenir justice. On ne l’aura plus jamais en face de nous. »

Car, même si la cour d’appel infirme le non-lieu rendu par les juges et convoque un procès d’assises 40 ans après, difficile de croire que le principal suspect reviendra de lui-même en France pour y être jugée alors qu’il a toujours contesté sa participation aux faits.

Premiers éléments de réponse vendredi matin.