Seine-Saint-Denis : Le policier qui avait éborgné une mère de famille a agi en «légitime défense»

PROCES Le 25 juin 2013, à Villemomble (Seine-Saint-Denis), une mère de famille avait perdu son œil gauche à la suite d’un tir de grenade lors d’une interpellation qui avait dégénéré…

A.B. avec AFP

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Police - Illustration
Police - Illustration — Thibault Camus/AP/SIPA
  • La mère de famille s’était interposée lors de l’interpellation « à tort » de son fils, confondu avec le fuyard d’un rodéo à moto par la police.
  • Les trois policiers ont été acquittés par la cour d’assises de Bobigny (Seine-Saint-Denis).
  • Deux autres fonctionnaires, poursuivis pour des violences sur les deux frères, ont également été relaxés.

« Nous, on a toujours respecté la police, parce que c’est un métier très noble, mais comment faire si ce métier noble ne reconnaît pas ses erreurs ? », a lancé le fils de la mère éborgnée par un tir de grenade en 2013 à l’issue d’une semaine d’audience. Ils ont agi en état de « légitime défense », a estimé, mercredi, la cour d’assises de Bobigny ( Seine-Saint-Denis) qui a acquitté les trois policiers poursuivis pour des violences survenues le 25 juin 2013, dans une cité de Villemomble.

Des policiers confondent le fils avec un suspect

Des policiers avaient interpellé un jeune de 20 ans, qu’ils avaient confondu avec le fuyard d’un rodéo à moto. Son frère, 21 ans, avait tenté de s’opposer à l’interpellation et la situation avait dégénéré. Dans une ambiance tendue, des habitants du quartier, dont la mère des deux frères, s’étaient approchés. Des jeunes avaient lancé des projectiles. Les policiers avaient répliqué avec des lacrymogènes.

Alors que les habitants reculaient, un policier avait lancé une grenade de désencerclement. Touchée, la mère de famille avait perdu son œil gauche. Dans son arrêt, la cour a reconnu que la blessure de cette femme de 58 ans était bien imputable au jet de grenade du policier, mais, qu’ayant agi en état de légitime défense, il ne pouvait pas être condamné.

Relaxe pour tous

Les deux autres fonctionnaires, poursuivis pour des violences sur les deux frères, ont également été relaxés, la cour estimant, là aussi, qu’ils se trouvaient en légitime défense. Des peines de trois et six mois de prison avec sursis, assorties d’autant d’interdiction professionnelle, avaient été requises à leur encontre.

Le frère interpellé à tort, qui était également poursuivi pour « violences », a été relaxé. L’autre frère, contre qui quatre mois de prison avec sursis avait été requis pour « outrage », « rébellion » et « dégradations », a été dispensé de peine.