Proxénétisme des cités: 12 hommes condamnés de six mois avec sursis à trois ans et demi ferme

PROSTITUTION Lundi, des peines de huit mois à sept ans de prison ont été requises à l’encontre des douze hommes...

L.Gam. avec AFP

— 

Pour proxénétisme sur sa jeune compagne à Strasbourg, le prévenu sera jugé ce mercredi. Illustration
Pour proxénétisme sur sa jeune compagne à Strasbourg, le prévenu sera jugé ce mercredi. Illustration — S. Pouzet / Sipa

Ils encouraient dix ans de prison pour avoir aidé et encouragé quatorze jeunes femmes – dont huit mineures – à se prostituer en 2015 et 2016. Douze hommes ont été condamnés ce mardi soir à des peines allant de six mois avec sursis à trois ans et demi de prison ferme. Les filles étaient recrutées sur Facebook, Instagram, Snapchat, dans des bars ou même dans la rue.

Agés de 22 et 23 ans pour la majorité d’entre eux, ils étaient jugés depuis le 25 juin à Paris pour « proxénétisme aggravé ». Ils encouraient dix ans de prison dans cette affaire de « proxénétisme des cités ». Lundi, le parquet avait requis des peines allant de huit mois à sept ans de prison ferme à leur encontre.

Aucune victime n’est venue témoigner

Le tribunal a condamné Stéphane Kessié, décrit lundi comme « le meneur » par le procureur Barthélémy Hennuyer, à quatre ans de prison dont un an accompagné d’un sursis avec mise à l’épreuve (SME) pendant deux ans. Cet homme, qui est en détention provisoire, avait « des lieutenants, des sous-lieutenants. (…) Il est sur toute la chaîne », selon le procureur, qui avait requis sept ans de prison ferme contre lui.

Mohamed-Junior Kanté a été condamné à la même peine à laquelle s’est ajoutée la révocation partielle d’un sursis à hauteur de six mois, ce qui porte sa condamnation à un total de trois ans et demi de prison ferme et un an de sursis SME pendant deux ans. Il était en récidive, car il a déjà été condamné pour proxénétisme aggravé en 2016. C’était « un homme obsédé par le rendement », a dit le procureur.

Une peine de quatre ans, dont un an avec SME pendant deux ans, a également été prononcée contre Elie Malo, « le troisième grand personnage de cette affaire », comme l’a qualifié le parquet. Un mandat de dépôt a été prononcé à son encontre. La mise à l’épreuve des trois principaux condamnés consistera notamment à travailler ou à rechercher un emploi et à indemniser leurs victimes.

Candy, Jaëlle, Souad, Nina, etc. : de nombreuses victimes ont été identifiées par les enquêteurs, dont des mineures, la plus jeune ayant 14 ans. Elles ont cependant été les grandes absentes de ce procès : aucune n’est venue témoigner.