Nantes: Condamné à 30 ans de prison pour avoir tué sa femme et brûlé son corps, aux Sorinières

ASSISES Yann Marchand a été condamné ce lundi soir par la cour d’assises de Loire-Atlantique…

Julie Urbach

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La cour d'assises de Loire-Atlantique à Nantes.
La cour d'assises de Loire-Atlantique à Nantes. — B.Colin/AFP
  • En 2015, Yann Marchand avait avoué avoir tué sa femme dans leur propriété des Sorinières, au sud de Nantes, et ce trois mois après sa disparition.
  • Ce père de deux enfants a écopé de 30 ans de prison et a été destitué de son autorité parentale.

Après six jours de procès devant la cour d’assises de Loire-Atlantique, le verdict est tombé ce lundi soir. Yann Marchand a été condamné à 30 ans de réclusion pour avoir assassiné sa femme, Céline Sablé-Marchand, avant de brûler son corps pour le faire disparaître. Les jurés, qui ont estimé que ces actes étaient prémédités, n’ont pas assorti la sanction d’une période de 20 ans de sûreté, ce qu’avait réclamé l’avocate générale Elsa Guyon dans son réquisitoire. Ils ont cependant suivi cette dernière en décidant de destituer l’accusé de son autorité parentale.

Yann Marchand, 41 ans, était jugé depuis lundi dernier pour l’assassinat de son épouse, en 2015 dans leur propriété des Sorinières près de Nantes. Avant de tout avouer, ce père de deux jeunes enfants avait mis du temps, environ deux mois, pour signaler la disparition à la gendarmerie. Un appel à témoin avait été lancé avant que les enquêteurs ne se rendent compte qu’il ne s’agissait pas d’un départ volontaire, lié à des difficultés conjugales, comme l’avançait alors l’accusé.

Un acte « réfléchi et anticipé »

Pendant cette semaine d’audience, Yann Marchand, qui avait avoué en 2015 avoir préparé son geste avant de se rétracter, n’a montré ni regret ni réel signe d’émotion. La raison du crime reste aussi floue que le déroulé exact des faits, car seules quelques traces de sang avaient été retrouvées sur les lieux du crime, une chapelle située au fond de leur propriété. Aucune autopsie n’avait pu avoir lieu et l’arme du crime n’a jamais été retrouvée. « Les proches voulaient comprendre, entendre la vérité pour faire leur deuil. Et pourtant… », a regretté Me Patrick Le Tertre, qui représentait les parties civiles.

Céline Sablé-Marchand aurait reçu « deux ou trois » coups de pelle à la tête, avant que son corps ne soit brûlé à deux reprises, toujours au sein de la propriété. « Il a tué son épouse de façon réfléchie et anticipée, a soutenu l’avocate générale dans ses réquisitions. Il a ensuite éliminé le corps méthodiquement, caché son geste, tout ça pour protéger son propre intérêt. »

Mobile financier

Si Yann Marchand a expliqué ce crime par la crainte d’être séparé de ses enfants, un autre mobile s’est dessiné : celui lié au « fort attrait » pour l’argent et le patrimoine immobilier de son épouse qu’entretenait cet homme, décrit comme « un menteur professionnel », « manipulateur » et « infidèle ».

Yann Marchand a expliqué qu’au moment du drame, il pensait à quitter Céline (avec qui il était marié depuis dix ans sous le régime de la séparation des biens), pour vivre une nouvelle vie avec sa maîtresse. « Les conséquences financières n’auraient pas été les mêmes, a estimé Me Maell Pellen, qui défend les intérêts des enfants du couple, âgés de 3 et 5 ans au moment des faits. S’il avait divorcé, il n’aurait rien eu. Si elle mourait, il serait devenu le seul administrateur légal de ses enfants. »

Yann Marchand encourait la réclusion criminelle à perpétuité. Il a dix jours pour faire appel.

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