Accident mortel en Bretagne: La SNCF et un chauffeur jugés coupables d'homicide involontaire

CATASTROPHE FERROVIAIRE Trois personnes étaient mortes lors d’une collision entre un camion et un TER en 2011 à Saint-Médard-sur-Ille…

Camille Allain

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La collision entre un TER et un camion avait fait trois morts et 61 blessés le 12 octobre 2011 à Saint-Médard-sur-Ille près de Rennes.
La collision entre un TER et un camion avait fait trois morts et 61 blessés le 12 octobre 2011 à Saint-Médard-sur-Ille près de Rennes. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • En octobre 2011, la collision entre un TER et un poids lourd avait fait trois morts et des dizaines de blessés à Saint-Médard-sur-Ille.
  • Le chauffeur du camion et la SNCF étaient jugés pour homicide involontaire en avril devant le tribunal correctionnel de Rennes. La décision a été rendue le lundi 2 avril.
  • La SNCF et le chauffeur de camion ont été condamnés pour homicide involontaire. SNCF Réseaux et SNCF Mobilités devront payer 300.000 euros d’amende chacune.
  • Plusieurs accidents avaient déjà eu lieu sur ce passage à niveau numéro 11.

Il aura fallu près de sept ans aux familles des victimes pour obtenir des réponses. Lundi, le tribunal correctionnel a rendu sa décision dans l’affaire de l’accident mortel de Saint-Médard-sur-Ille​ (Ille-et-Vilaine). En octobre 2011, un TER avait percuté un camion bloqué sur le passage à niveau. La collision avait fait trois morts et des dizaines de blessés.

Ce lundi, le tribunal a jugé le chauffeur du poids lourd coupable et l’a condamné à 36 mois de prison avec sursis. La justice a retenu « une inattention fautive » mais a jugé qu’elle n’était « pas délibérée ». Poursuivie pour homicide involontaire, la SNCF a également été jugée coupable. SNCF Mobilités et SNCF Réseaux (ex RFF) ont été condamnées à une amende de 300.000 euros chacune.

La justice lui reproche de ne pas avoir effectué les travaux d’aménagement nécessaires à la mise en sécurité de ce passage à niveau jugé dangereux. Trois accidents avaient déjà été répertoriés sur ce passage à niveau. Lors de l’audience, la procureure adjointe Delphine Dewailly n’avait pas requis de condamnation à l’encontre de la SNCF, jugeant sa « faute minime » par rapport à la « faute écrasante » du chauffeur.

Ce lundi, le tribunal a estimé que la SNCF et RFF « n’ont rien entrepris en dépit de la dangerosité avérée » accablant les deux entreprises qui avaient « conscience de la nécessité d’agir ». Des « manquements graves » d’autant plus après le drame d'Allinges.

« Je n’ai pas vu les feux rouges clignotants »

Le 12 octobre 2011, un camion de 18 mètres de long s’était immobilisé au milieu des voies de cette commune située au nord de Rennes. « Je n’ai pas vu les feux rouges clignotants ni entendu le signal sonore. Pourquoi ? Je n’ai pas d’explication », s’était défendu Fabien C. lors du procès en avril.

Egalement poursuivi pour non-respect du temps de repos légal, le chauffeur ne s’était arrêté de travailler que 5h30 ce jour-là, et non 9 heures comme la profession l’impose. « La fatigue peut-elle expliquer votre baisse de vigilance ? », avait demandé la présidente. « C’est possible », avait répondu le prévenu. Absent ce lundi, il avait assumé ses responsabilités et présenté ses excuses aux victimes et à leurs familles.