Albi: Une amende de 1.000 euros pour la buraliste qui avait refusé de servir une femme voilée

JUSTICE Le tribunal correctionnel d’Albi a condamné une buraliste qui n’avait pas voulu délivrer un colis à une cliente voilée…

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'une enseigne de tabac.
Illustration d'une enseigne de tabac. — Frédéric Scheiber/20MINUTES
  • Trois mois de prison avec sursis avaient été requis.
  • L’avocat de la buraliste a annoncé qu’elle faisait appel de sa condamnation.

Le 24 mai, le procureur de la République d’Albi avait requis trois mois de prison avec sursis et 3.000 euros d’amende. Finalement, une buraliste de la préfecture du Tarn a été condamnée à une amende de 1.000 euros ce jeudi. Elle avait refusé de délivrer un colis à une femme musulmane voilée courant avril, sous prétexte qu’elle ne pouvait pas contrôler son identité.

La commerçante, qui avait comparu pour « refus de biens ou services au profit d’une personne physique ou morale en raison d’une appartenance supposée ou non à une religion déterminée », a été également condamnée à verser à chacune des quatre jeunes femmes de la partie civile 800 euros au titre du préjudice moral ainsi que 500 euros au titre des frais d’avocat.

La cliente avait expliqué que son visage restait visible lorsqu’elle avait présenté sa carte d’identité pour récupérer son colis. Cette convertie, âgée d’une trentaine d’années, avait accepté d’enlever son voile à l’écart des regards des hommes, ce que la commerçante avait refusé. La cliente avait alors porté plainte pour discrimination en raison de la religion.

« Rien contre la religion »

La buraliste d'Albi avait affirmé qu’elle n’avait « rien contre la religion ». « Nous avons même refusé de servir une religieuse qui refusait d’enlever son voile », avait-elle assuré. Elle avait dit avoir « peur » depuis un braquage d’un bureau de poste à proximité. Son avocat, Me Simon Cohen, avait plaidé la relaxe. Il a annoncé que sa cliente faisait appel. De leur côté, Mariem et Vanessa, deux des parties civiles, ont affirmé être « très contentes du verdict ». « Cela prouve qu’il y a une justice, ont-elles ajouté. C’était clair, c’était une évidence, il y avait discrimination. »

La buraliste devra également verser notamment 800 euros de dommages-intérêts à la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme), 800 euros au Mrap, le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples, et un euro au CCIF, le Collectif contre l’islamophobie en France.