Bébé vendu deux fois: Après l'arnaque de la mère porteuse, la justice doit décider qui sont les vrais parents

PATERNITE La mère porteuse avait vendu le bébé à deux couples différents, et empoché deux fois la somme de 15.000 euros…

20 Minutes avec agence

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Une mère porteuse a vendu son bébé à deux couples différents. (Illustration)
Une mère porteuse a vendu son bébé à deux couples différents. (Illustration) — C. Allain / 20 Minutes

Bien malgré lui, un petit garçon né en mars 2013 se retrouve au cœur d’une incroyable bataille judiciaire. Depuis la naissance de l’enfant, deux couples se disputent sa paternité à coups de recours en justice, relate Le Parisien ce jeudi. L’enfant avait été vendu à deux couples différents par la mère porteuse, qui avait déjà arnaqué un autre couple en 2010.

Un bébé contre 15.000 €

Tout commence en 2012 lorsque Alexandre Lerch et son compagnon Anthony, qui souhaitent devenir parents, se mettent en quête d’une mère porteuse. Sur une petite annonce postée sur un forum, ils font la connaissance d’une jeune femme qui accepte une insémination artisanale contre la somme de 15.000 €, une pratique interdite.

Après l’insémination, les premiers mois de grossesse sont « idylliques » pour les futurs parents. Leur mère porteuse leur rend régulièrement visite « pour échanger avec le couple, effectuer examens et échographies, choisir les meubles de l’enfant à naître », précise le quotidien.

Une arnaque bien rodée

Mais ensuite, tout bascule : la mère porteuse disparaît juste avant l’accouchement, avant de fait croire que l’enfant était mort-né. Il s’agit en réalité d’une arnaque. Elle a confié l’enfant à un autre couple hétérosexuel contre la même somme. C’est la seconde fois que la jeune femme a recours à ce stratagème. En 2010, elle avait arnaqué un autre couple de la même façon.

Alexandre et Anthony décident alors de porter l’affaire en justice. Grâce à un test ADN, Alexandre parvient à prouver qu’il est bien le géniteur de l’enfant. Mais le second couple, qui s’occupe du petit garçon depuis sa naissance, fait valoir qu’il est bien en règle au plan juridique. Dès la naissance, il a reconnu l’enfant auprès des pouvoirs publics et possède donc un acte de naissance en bonne et due forme.

Un casse-tête juridique

En 2017, le tribunal de Dieppe (Seine-Maritime) avait donné raison à Alexandre, rappelle Le Parisien. Mais en mai dernier, la cour d’appel en a décidé autrement. « L’intérêt supérieur de l’enfant est, en l’espèce, qu’il reste vivre chez ceux qui l’ont élevé », a commenté Me Nathalie Boudjerada, avocate du second couple.

Alexandre, qui souhaite que l’enfant connaisse son existence, a décidé de saisir la cour de cassation afin d’obtenir la levée du secret sur sa paternité. La mère porteuse a été condamnée en 2016 à un an de prison avec sursis et 2.000 euros d’amende avec sursis pour chacun des couples.

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