VIDEO. Activités de Lafarge en Syrie: Le cimentier mis en examen pour «complicité de crimes contre l'humanité»

TERRORISME Le cimentier Lafarge, accusé d'avoir financé des groupes djihadistes dont Daesh, était devant les juges d'instruction ce jeudi pour une audition cruciale...

R. G.-V.

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Le site de Lafarge à Jalabiya, à 30 kilomètres de Ain Issa, au nord de la Syrie, le 19 février 2018.
Le site de Lafarge à Jalabiya, à 30 kilomètres de Ain Issa, au nord de la Syrie, le 19 février 2018. — Delil souleiman / AFP

Le cimentier Lafarge est mis en examen pour « complicité de crimes contre l’humanité » ce jeudi. L’entreprise est également soumise à un contrôle judiciaire comprenant une caution de 30 millions d’euros. Cette mise en examen a eu lieu après une audition déterminante au tribunal dans la matinée.

Après deux ans d’une enquête hors norme, les magistrats ont confirmé de lourdes mises en examen du cimentier pour « complicité de crimes contre l’humanité », « financement d’une entreprise terroriste » et « mise en danger délibérée de la vie » de salariés. L’audition de ce jeudi s’est déroulée en présence des avocats et d’un représentant légal.

Après avoir déjà mis en examen huit cadres et dirigeants dont Bruno Lafont, PDG de Lafarge de 2007 à 2015, pour financement d’une entreprise terroriste et/ou mise en danger de la vie d’autrui, les juges ont entendu Lafarge SA, la holding actionnaire à 98 % de la filiale syrienne Lafarge Cement Syria mise en cause.

13 millions d’euros à des organisations terroristes

Initialement programmée le 5 juin, cette audition avait été reportée in extremis à la demande de Lafarge SA, la holding ne pouvant y envoyer son ancien PDG Saad Sebbar, nommé en 2017, qui avait démissionné peu après avoir reçu la convocation. Le groupe français, qui a fusionné en 2015 avec le suisse Holcim, est soupçonné d’avoir versé au total près de 13 millions d’euros entre 2011 et 2015 pour maintenir son usine de Jalabiya, dans le nord de la Syrie, alors que le pays s’enfonçait dans la guerre.

Ces sommes, qui ont bénéficié en partie à des groupes armés dont l’organisation djihadiste Daesh, correspondaient notamment au versement d’une « taxe » pour la libre circulation des salariés et des marchandises et à des achats de matières premières - dont du pétrole - à des fournisseurs proches de Daesh, d’après l’enquête.

« Lafarge a sacrifié ses salariés et pactisé avec des entités terroristes en toute connaissance de cause : elle doit répondre judiciairement de cette complicité de crimes contre l’humanité », a déclaré Marie Dosé, avocate de l’ONG Sherpa, partie civile, l’une des premières à avoir déposé plainte contre le cimentier en septembre 2016.

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