Strasbourg: Le maire socialiste Roland Ries mis en examen dans l'affaire du «tram de Bamako»

ENQUETE Le maire PS Roland Ries a été mis en examen pour « favoritisme » début juin dans une histoire de marchés publics de la ville de Strasbourg datant du début de son premier mandat…

A.I.

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Strasbourg: Le maire socialiste Roland Ries mis en examen dans l'affaire du «tram de Bamako» (Archives)
Strasbourg: Le maire socialiste Roland Ries mis en examen dans l'affaire du «tram de Bamako» (Archives) — G. Varela \ 20 Minutes

Revoilà l’affaire dite du « tram de Bamako ». Le maire socialiste de Strasbourg, Roland Ries, a été mis en examen début juin pour « favoritisme » dans une histoire de marchés publics, au profit de l’un de ses amis, Roland Boehler - une figure des réseaux rocardiens, comme lui. C’est ce qu' a révélé Mediapart ce mercredi matin.

Sa mise en examen a été confirmée à 20 Minutes en début d'après-midi. Avant que le maire, actuellement en déplacement à Ramat-gan en Israël, ne précise lui-même par le biais d'un communiqué avoir été entendu par une juge d'instruction de Nancy (comme l'affaire a été dépaysée en Meurthe-et-Moselle) au début du mois.

Pas de mise en concurrence

Il est reproché à l’édile strasbourgeois de ne pas avoir respecté les règles de passation des marchés publics et de mise en concurrence à deux occasions lors du début de son premier mandat, en 2008 et 2009 : une étude de faisabilité d’un tramway à Bamako (Mali), dont les autorités étaient intéressées par un modèle fabriqué en Alsace (au coût de 50.000 euros, débloqués par la ville de Strasbourg) ; et une étude sur la redynamisation du marché de Noël (une facture de près de 30.000 euros). Toutes deux (en partie) confiées à la société de Roland Boehler. Sans appel d'offres.

Le site Mediapart rappelle que l’enquête avait été déclenchée par le signalement de l’ancien directeur général des services de Strasbourg, qui soupçonnait des irrégularités. Une information judiciaire avait ensuite été ouverte à Nancy en 2011. Et Roland Ries avait été une première fois entendu en 2013. Deux de ses adjoints avaient, eux, été brièvement mis en examen en 2015 pour l’étude sur le marché de Noël.

« Une querelle très technique de juristes », dixit Roland Ries

Roland Ries a finalement réagi ce mercredi après-midi, indiquant en introduction faire « parfaitement confiance à la justice pour tirer des conclusions claires et j’espère, rapides, sur les deux dossiers que les juges précédents – et notamment la dernière — avaient estimés insignifiants, tant au titre du préjudice subi par la Ville qu’à celui des procédures ».

Le maire strasbourgeois se défend ensuite sur le fond. Pour l’étude du tram de Bamako, d'abord: « Répondant à l’époque à une demande du Président de la République du Mali au titre de la coopération décentralisée, il y a une querelle très technique de juristes qui porte sur le choix de la procédure de commande des prestations d’étude ». Et sur l’étude du marché de Noël, ensuite : « Nous avions trouvé les résultats et le rapport trop faibles, et avons exigé et obtenu un remboursement de 75% du coût de l’étude, limitant ainsi le coût pour la ville à moins de 6.000 euros ».

« L’autorité du maire est sérieusement entachée », pour l’opposition municipale

Le premier magistrat veut se montrer serein. Mais cette mise en examen fait réagir à Strasbourg ce mercredi. Pour les opposants municipaux du groupe Strasbourg à vos côtés (Les Républicains-Modem), « l’autorité du maire est sérieusement entachée ». Face « à un risque de crise majeure de gouvernance », ils demandent au maire « de prendre ses responsabilités et de tirer les conséquences de cette mise en examen. »