Fraude fiscale des Wildenstein: De très fortes amendes demandées en appel

IMPOTS La célèbre famille de marchands d’arts, soupçonnée d’une fraude fiscale de grande ampleur, avait bénéficié d’une relaxe en première instance, fin 2017…

R. G.-V. avec AFP

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La relaxe générale, dont celle de Guy Wildenstein, avait surpris.
La relaxe générale, dont celle de Guy Wildenstein, avait surpris. — ERIC FEFERBERG / AFP

Ils avaient bénéficié en 2017 d’une spectaculaire relaxe générale : les héritiers du marchand d’art Daniel Wildenstein seront fixés vendredi sur le sort que leur réserve la justice française, qui les a poursuivis en appel pour une fraude fiscale de plusieurs centaines de millions d’euros. En mars, le ministère public avait demandé devant la cour d’appel de Paris de la prison ferme et une amende de 250 millions d’euros contre le fils de Daniel, Guy Wildenstein, présenté comme le « patriarche » d’un clan qui a « sciemment dissimulé » des milliards au fisc pendant des années.

La défense du principal prévenu avait plaidé la relaxe, la seule réponse possible à une « fiction fiscale », estimant qu’il n’y avait « pas plus d’élément légal que moral permettant de reprocher quoi que ce soit à Guy Wildenstein ». Le parquet avait pourtant réclamé de lourdes sanctions contre la fraude fiscale « la plus longue et la plus sophistiquée » de l’histoire récente en France.

Sociétés écran

Devant la cour d’appel, le parquet général s’est attaché à démontrer comment l’empire d’une élite mondialisée a été « soustrait à l’impôt » sur les successions en décortiquant, de manière clinique, le fonctionnement de chacun des « trusts », ces sociétés-écran logées à Guernesey et aux Bahamas qui abritent les actifs du clan : hôtels particuliers, pur-sang ou tableaux de maître.

Contre Guy Wildenstein, le doyen du clan à 72 ans, l’accusation a requis la plus lourde peine : quatre ans d’emprisonnement dont deux avec sursis, et une énorme amende. A ses côtés étaient jugés deux autres héritiers : le jeune Alec, qui vit dans un somptueux ranch familial au Kenya, et la sculpteure d’origine russe Liouba Stoupakova, veuve d’Alec senior - le frère de Guy - en rupture avec le clan. Le parquet général a requis contre eux six mois avec sursis, assortis pour la veuve d’une amende de 150.000 euros. De fortes amendes ont aussi été demandées contre des avocats, notaires ou entreprises considérés comme complices.

D’autres affaires

Il est reproché aux Wildenstein d’avoir dissimulé, lors des décès en 2001 puis 2008 du patriarche Daniel puis de son fils aîné Alec, la plus grande partie de leur fortune, dont une petite partie a été révélée lors de violentes querelles de succession. La famille est liée aussi à d’autres dossiers en parallèle. Le fisc français leur réclame au pénal, plus d’un demi-milliard d’euros dans une affaire d’avoirs confiés à des trusts.

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