Nîmes: Prison avec sursis pour les anti-corrida qui avaient envoyé des lettres piégées

JUSTICE Des personnalités de la tauromachie avaient été visées par ces envois...

N.B. avec AFP

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Un taureau lors d'une corrida à Pampelune (Espagne).
Un taureau lors d'une corrida à Pampelune (Espagne). — Daniel Ochoa de Olza/AP/SIPA

Deux quadragénaires ont été condamnés mardi à des peines de dix et trois mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Nîmes, pour avoir envoyé, au début de l’année 2017, dix lettres piégées à des personnes appartenant au milieu de la tauromachie. Dénonçant des « gestes totalement stupides et irresponsables », le procureur de la République avait requis des peines d’un an et six mois de sursis.

Un assistant de vie de Montpellier, âgé de 44 ans, qui avait reconnu l’envoi de neuf plis contenant des lames de rasoir ou de cutters, a été condamné à 10 mois de prison avec sursis assortis de trois ans de mise à l’épreuve, l’obligation d’indemniser les victimes et l’interdiction de paraître dans des lieux de manifestations taurines. Un membre d’une association avait été blessé au pouce, recevant une ITT de 7 jours.

« Ce qu’on fait aux taureaux, je ne supporte plus »

Le quadragénaire, très confus à la barre, a exprimé un « ras-le-bol » car « depuis des années, nous faisons des actions pacifistes contre la corrida et rien ne bouge ».

Une aide à domicile de 47 ans, résidant dans le Tarn-et-Garonne, a de son côté été condamnée à trois mois de prison avec sursis et à 300 euros d’amende pour un envoi piégé à Alès, qu’elle a reconnu. Elle a assuré à la barre avoir agi « par dépit, tristesse et colère à cause de ce qu’on fait aux taureaux et que je ne supporte plus ».

35 envois piégés

Les deux prévenus, confondus par leur ADN et n’appartenant à aucune organisation anti-corrida, n’ont pas reconnu de concertation plus large. Et ce même si des contacts téléphoniques intenses ont été enregistrés au moment des envois avec six autres personnes, et que 35 envois piégés ont été adressés à des aficionados. L’avocate des militants a plaidé la clémence pour des « gens pacifistes et respectueux des autres ».

L’affaire avait fait grand bruit en 2017. Parmi les victimes de ces envois piégés, il y avait Simon Casas, directeur des arènes de Nîmes et Madrid et Jean-Baptiste Jalabert, qui gère les arènes d’Arles, plus connu sous son nom de torero, Juan Bautista.

Après l’interpellation des prévenus, Claire Starozinski, de l’Alliance anti-corrida, avait fait part de sa colère à 20 Minutes : « Jusqu’alors, je n’ai pas pu croire que c’était des anti-corridas. Je dois me rendre à l’évidence, avait confié la militante. Je suis très en colère, un tel geste est contre-productif. Ce n’est pas ainsi qu’on arrêtera la corrida. »

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