Ile-de-France: Début du procès de 12 hommes accusés de proxénétisme sur mineures

PROSTITUTION Une douzaine de filles de 16 à 17 ans ont été exploitées pendant une dizaine de mois entre 2015 et 2016. Le procès qui s’ouvre ce lundi doit durer jusqu’au 3 juillet…

Rachel Garrat-Valcarcel

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Douze hommes comparaissent dès ce lundi devant la 15e chambre correctionnelle à Paris.
Douze hommes comparaissent dès ce lundi devant la 15e chambre correctionnelle à Paris. — CHAMUSSY/SIPA

Les récits des victimes glacent le sang. De ce lundi au 3 juillet a lieu à Paris le procès d’un réseau d’un réseau de prostitution de mineures. Une dizaine de jeunes hommes sont jugés par la 15e chambre correctionnelle. Ils auraient prostitué une douzaine de filles de 16 à 17 ans, de 2015 à 2016. Ils organisent des passes, de 40 à 100 euros, dans des appartements parisiens, de proche banlieue ou en Belgique loués sur Airbnb, via des annonces sur des sites comme Vivastreet ou Wannonce, comme l’explique Le Parisien.

Ces jeunes femmes, mineures, en situation précaire, parfois en fugue de chez leurs parents, se sont vues retourner la tête par ces jeunes proxénètes qui les approchaient via les réseaux sociaux sur Internet. On leur promettait de l’argent facile, on les appâtait avec des vêtements de marque… A l’arrivée : des journées jusqu’à dix passes et des revenus pour les jeunes filles toujours plus faibles. Les filles contractent aussi des infections sexuellement transmissibles.

De nombreuses séquelles

Pour les retenir, France Info explique que les victimes étaient logées dans des appartements miteux surveillés. Les proxénètes leur donnaient de la cocaïne pour les rendre accro. Enfin, menaces et violences n’étaient évidemment pas rares. Nombreuses sont les victimes qui ont toujours des séquelles aujourd’hui. « Elle a des problèmes de santé, explique Edwige à France Info, la mère d’une victime. Heureusement, ce n’est pas le sida. Elle me dit : "Je suis foutue maman, je ne vaux plus rien." Ils ont déglingué plein de jeunes filles. Il y en a une qui est en psychiatrie à cause de ce qu’elle a vécu. »

Finalement, en 2016, après une dizaine de mois de calvaire, deux femmes arrivent à s’échapper et portent plainte. Une enquête est déclenchée et deux coups de filets sont menés peu après. Ce sont douze hommes d’une vingtaine d’années qui auront à répondre de leurs actes pendant une dizaine de jours, dès aujourd’hui.

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