Isère: Une fromagerie Lactalis, accusée de polluer une rivière, devant la justice

POLLUTION L’Etoile du Vercors, située à Saint-Just-de-Claix, est accusée de polluer la rivière l’Isère avec des résidus de laits et des produits nettoyants…

E.F.

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Le palais de Justice de Grenoble, le 5 février 2016
Le palais de Justice de Grenoble, le 5 février 2016 — XAVIER VILA/SIPA
  • L’Etoile du Vercors, du groupe Lactalis, est accusée de rejeter ses effluents dans l’Isère chaque jour, alors qu’un réseau d’assainissement a été financé par les collectivités.
  • Ce lundi, l’entreprise et deux dirigeants comparaissent pour ces faits devant le tribunal correctionnel de Grenoble.

Dix-sept ans que le sujet mobilise les élus et les associations locales de protection de l’environnement. Ce lundi, La fromagerie l’Etoile du Vercors du groupe Lactalis, située à Saint-Just-de-Claix, et deux dirigeants -l’actuel et l’ancien- comparaissent devant le tribunal correctionnel de Grenoble pour la  pollution de la rivière Isère et le non-respect des arrêtés préfectoraux autorisant l’exploitation de la fromagerie.

En 2014, un réseau d’assainissement public a été financé par les collectivités et installé pour accueillir les effluents de la fromagerie et de deux autres entreprises pour un montant de 22 millions d’euros. Les deux sociétés se sont immédiatement raccordées, mais Lactalis a refusé, rappelait en octobre dernier dans les colonnes du Dauphiné Joël 0’Baton, le maire de Saint-Just-de-Claix, mobilisé depuis des années sur ce dossier.

L’équivalent des eaux usées d’une ville de 10.000 habitants

La société est accusée de déverser quotidiennement dans le cours d’eau «l’équivalent des eaux usées d’une ville de 10.000 habitants», avait indiqué mi-novembre à l’assemblée nationale la députée de l’Isère Elodie Jacquier Laforge (Mouvement démocrate).

L’élue, qui interpellait alors la secrétaire d’État à la transition énergétique Brune Poirson, s’étonnait alors que Lactalis, géant de l’alimentaire et gérant de cette usine, puisse polluer ainsi l’environnement, en rejetant des effluents, «sans traitement préalable», directement dans la rivière. Les eaux usées en question contiennent des résidus de lait mais également des produits de désinfection et de nettoyage.

Lactalis veut une station d'épuration autonome

La secrétaire d’État avait alors reconnu que cette situation n’était pas conforme «à la législation et préjudiciable». Pour sa défense, le groupe laitier devrait rappeler au cours de ce procès qu’il souhaite installer une station d’épuration autonome sur son site isérois, jugeant que le raccordement à l’équipement public n’est techniquement pas pérenne.

Reste à savoir désormais comment la justice se positionnera sur ce sujet. Si les infractions sont retenues, la société encourt une amende de plusieurs milliers d’euros et les deux dirigeants des peines de prison.

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