Marseille: Jusqu'à 15 ans de prison dans l'affaire de la fusillade de l'opéra

CONDAMNATION Trois frères ont été condamnés pour une fusillade à la kalachnikov dans le quartier de l’opéra à Marseille en septembre 2013…

A.M. avec AFP

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La Cour d'assises des Bouches-du-Rhône, à Aix-en-Provence.
La Cour d'assises des Bouches-du-Rhône, à Aix-en-Provence. — P.Magnien
  • Trois frères ont été condamnés à des peines de prison allant de 12 à 15 ans pour avoir ouvert le feu à la kalachnikov sur des passants dans le quartier de l’opéra à Marseille.
  • Farid Houssine, 36 ans et considéré comme le chef du groupe, avait voulu laver son honneur après s’être fait traiter de « pédé », dans une boîte de nuit du quartier.

Il était venu laver son honneur à coups de kalachnikov. Trois frères ont été condamnés jeudi à des peines de prison allant de 12 à 15 ans par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône pour avoir tiré sur des passants à la kalachnikov dans le quartier de l’ opéra à Marseille.

Le 1er septembre 2013, Farid Houssine, 36 ans et considéré comme le chef du groupe, s’était fait traiter de « pédé » dans une boîte de nuit, était revenu sur les lieux moins d’une heure après, avec deux acolytes, pour laver l’affront à coups de Kalachnikov et de pistolet 9 mm.

« Je croyais que c’était un attentat terroriste, j’étais en sang »

Farid Houssine, 36 ans, a été condamné à 15 ans de prison tout comme son frère d’un an son cadet Kazi, pour tentatives d’assassinat. Un mandat d’arrêt a été délivré à l’encontre du frère aîné, qui était hospitalisé au moment du verdict, selon son avocat. Murat Akturk, 27 ans, qui a nié faire partie du commando comme Kazi Houssine, a été condamné à 12 ans de prison.

L’avocate générale Béatrice Vautherin avait requis jeudi 20 ans de réclusion criminelle afin de « mettre les accusés hors d’état de nuire ».

Si le principal accusé n’avait pas fait feu avec son colt 45, qu’il avait simplement braqué, les deux autres avaient tiré à au moins 34 reprises sur un groupe de noctambules, totalement étrangers à l’altercation. Trente secondes d’un déluge de feu, qui avait blessé trois jeunes hommes, dont l’un très gravement. Eraflé sur le sommet du crâne par une balle de Kalachnikov et blessé par des éclats, un livreur de journaux a livré son sentiment d’effroi : « Je croyais que c’était un attentat terroriste, j’étais en sang ».

« Si on vous avait donné un coup de poing, vous seriez allé chercher un char d’assaut ? »

A plusieurs reprises, le président de la cour d’assises Jean-Luc Tournier a pointé le caractère disproportionné de cette riposte.

« L’origine est d’une banalité absolue. On vous dit "Tu danses comme un pédé" et vous revenez avec des armes dans une voiture maquillée. Si on vous avait donné un coup de poing, vous seriez allé chercher un char d’assaut ? », a interrogé le magistrat.

« J’ai dirigé mon arme chargée en direction du groupe pour leur faire peur. Je n’avais pas l’intention de tuer qui que ce soit », s’est défendu Farid Houssine.

Braqueur de bars, déjà condamné à 12 ans de réclusion criminelle, Kazi Houssine n’a reconnu que le vol de la voiture ayant servi à revenir place de l’Opéra. Ses empreintes avaient été retrouvées sur les plaques d’immatriculation de ce véhicule, incendié quelques heures plus tard. Murat Akturk s’était rendu en Turquie quelques jours après les faits, mais a démenti s’être mis en cavale. Ses avocats, comme celui de Kazi Houssine, avaient plaidé l’acquittement.

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