Vendée: Une société jugée pour avoir trompé plus de 600 restaurateurs dans toute la France

TROMPERIE En échange d'un contrat payant, Logicar proposait aux restaurants d'apparaître sur un logiciel consultable par les entreprises qui organisent des circuits en car...

20 Minutes avec AFP

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Nantes, le 15 septembre 2014, dégustation de vin muscadet dans un restaurant nantais
Nantes, le 15 septembre 2014, dégustation de vin muscadet dans un restaurant nantais — Frederic Brenon / 20 Minutes
  • Le gérant de la société vendéenne Logicar était jugé pour des «pratiques commerciales trompeuses».
  • Plus de 600 professionnels de la restauration ou de l'hôtellerie se sont constitués partie civile.
  • Le jugement sera rendu au mois de septembre.

Pour plusieurs milliers d’euros, il leur avait assuré une grosse visibilité et de nouveaux clients, qui ne sont finalement jamais venus. Le gérant de la société vendéenne Logicar était jugé pour des « pratiques commerciales trompeuses » envers plus de 600 restaurateurs de toute la France. Le gérant de Logicar, et l’entreprise elle-même en tant que personne morale, comparaissaient ce jeudi devant le tribunal correctionnel pour des faits commis entre juin 2009 et décembre 2015. Le jugement doit être rendu fin septembre.

Basée à Challans, la société, via son site voyager-en-car.com, offre de mettre en relation les voyagistes et les restaurateurs. Elle propose à ces derniers d’apparaître sur un logiciel consultable par les entreprises qui organisent des circuits en car, moyennant la signature d’un contrat d’environ 3.400 euros sur deux ans.

Les autocars ne sont jamais venus

Quelque 621 professionnels de la restauration ou de l'hôtellerie se sont portés parties civiles, reprochant à Logicar de s’être engagée, à travers ses commerciaux, sur l’arrivée de clients voyageant en car dans leur établissement. « Il était promis que les autocars viendraient automatiquement, ce qui ne s’est pas produit. On a annoncé à ma cliente deux cars par semaine, soit plus de cent personnes, mais ils se sont jamais venus », a souligné à l’audience Thibault Normand, avocat d’une restauratrice du Loir-et-Cher.

« Vous vendez un produit qui n’existe pas, c’est du vent », a estimé le procureur de la République, Eric Bret, qui a pointé « un argumentaire de vente qui n’est qu’un tissu de mensonges ». Le représentant du ministère public a requis 8 mois de prison avec sursis et 5.000 euros d’amende à l’encontre du gérant, ainsi que 10.000 euros d’amende à l’encontre de la société.

Redressement judiciaire

Évoquant « une enquête préliminaire menée à charge », l’avocat de Logicar a précisé que « l’entreprise propose de la visibilité à ses clients » et a assuré qu’elle n’avait « jamais donné de garantie sur le passage de cars ni promis d’augmentation du chiffre d’affaires ».

Créée en 2003, la société Logicar avait été placée en redressement judiciaire en août 2016. Elle dispose actuellement d’un plan de redressement de dix ans. En avril 2011, Logicar avait bénéficié d’un non-lieu dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour escroquerie et abus de confiance.